La Bretagne se mobilise pour soutenir ses pêcheurs

Pascale Paoli Lebailly
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pêcher Brest
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Stupeur à Binic : le merlan est acheté 53 centimes le kilo sous la criée mais, à la vente à l'étal, il est toujours affiché à 12,90 euros. De même, depuis quelques jours, on trouve de la sole, du Saint-Pierre, du dos de merlu ou de la lotte achetés par des distributeurs à des prix défiant toute concurrence. Contrairement au cabillaud, aux crevettes, au saumon, ces espèces sont pêchées par les marins bretons mais ces poissons-là ne proviennent pas de leurs casiers. Ce sont des produits d'importation mis en vente, la semaine dernière, dans le réseau GMS et en poissonnerie.
Fortement impactée par la crise sanitaire et le confinement avec la fermeture de la restauration classique et collective et des marchés à l'export, dont elle tire 50 % de ses revenus, la filière de la pêche et de l'aquaculture bretonne (1.300 navires, 6.000 marins) avait enregistré une rapide embellie jusqu'à la fin du week-end de Pâques. Alors que la pêche hauturière bretonne est à sec à 70 %, comme le mareyage, impacté à près de 80 %, la petite pêche ou pêche côtière locale avait tenu. Sa perte d'activité est estimée à 20-30 %. Mais le gros temps est revenu, avec pour sas d'entrée, le port de Boulogne. Le poisson à bas prix venu d'autres Etats membres de l'Union européenne (Irlande, Écosse, Espagne) ou de pays tiers comme la Norvège provoque la chute des cours. Même les huîtres arrivent d'Irlande.
Les filières de la pêche et de l'aquaculture ont poussé lundi un gros « coup de gueule » pointant quelques enseignes de la grande distribution. « Alors qu'une partie de la flotte est à l'arrêt, des importations massives ont fait chuter les cours, hypothéquant la reprise des autres navires restés à quai depuis mars », dénonce Olivier Le Nezet, président du comité régional des pêches maritimes de Bretagne et de Breizhmer, l'association des acteurs des produits de la pêche et de l'aquaculture de Bretagne. « La filière pêche est temporairement restreinte et le chômage partiel a été mis en place pour nos marins, mais tous les pays ne sont pas contraints de la même manière et embauchent des personnels à très bas coûts. C'est scandaleux quand on sait que le produit français et breton est disponible en quantité sur l'ensemble des bassins. »
Pascale Paoli Lebailly
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