Selon une étude de l’Audiar, 2020 a permis à Rennes de renforcer son statut de capitale européenne de la cybersécurité. Avec 4.160 emplois directs et un dialogue militaro-industriel constant, l’écosystème cyber rennais poursuit sa croissance. 13 nouvelles sociétés ont été créées sur 21 mois et 940 emplois supplémentaires sont prévus sur les sites cyber de l’État.En 2020, le confinement et l'intensification du télétravail ont contribué à l'accroissement des activités de cybersécurité. L'écosystème cyber rennais reste sur une trajectoire dynamique et conforte son positionnement. Selon une étude de l'Audiar Rennes (agence d'urbanisme et de développement), actualisée en novembre, la « cyber valley » rennaise est devenue, avec 150 chercheurs spécialisés, le deuxième territoire d'excellence en France après Paris - Ile-de-France. Il se place également deuxième au classement Wavestone des startups en cybersécurité.
Le territoire métropolitain totalise 4.160 emplois directs et a enregistré en 2020 une croissance de l'emploi privé de 26 % (+ 670 emplois). 3 280 emplois sont ainsi répartis sur 76 entreprises de cybersécurité, dont 13 structures créées ces deux dernières années. Spécialisée dans l'analyse des données par l'IA et la cyberdéfense, Anozrway recrute dans la perspective de l'ouverture en 2021 de son laboratoire de recherche privé avec des partenaires étatiques. De son côté, la société Sekoia, installée à Rennes depuis 2016, a levé 10 millions d'euros en octobre et prévoit une trentaine de recrutements pour renforcer ses équipes R&D.
Spécialisées dans les différents domaines d'intervention (cyberguerre, cyber criminalité, identité numérique, signature électronique...), ces entreprises privées évoluent et se déploient en profitant du dynamique écosystème numérique rennais (30.000 emplois, 4.000 établissements).
Pôle cyber des Armées et groupes industriels
Sur le plan des activités militaires, la capitale bretonne abrite aussi la première cyber force des Armées en région avec l'installation à Rennes du Groupement de la cyberdéfense des armées et de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI). 880 cybercombattants sont ainsi rattachés au ministère des Armées et d'ici à 2026, 940 emplois supplémentaires seront créés dans les sites cyber de l'État : 720 personnels cyber supplémentaires et 220 postes à l'ANSSI. A proximité du ComCyber, « le quartier de La Courrouze a d'ailleurs pris une forte tonalité cyber », ajoute l'étude, avec la présence de groupes industriels impliqués dans cet écosystème tels Airbus Cybersecurity (protection des gouvernements et des activités vitales), Thales Services, Altran et la CyberSoC d'Orange Cyberdéfense. Ces entreprises de plus de 100 salariés concentrent 70 % de l'emploi privé. Sur un an, Airbus Cybersecurity a accru les effectifs de son site rennais de 20 %.
Pascale Paoli-Lebailly, à Rennes