Pourquoi Duralex, Mecachrome et Servier taillent dans leurs effectifs

Après Hutchinson et Daher, le verrier Duralex, l’équipementier Mecachrome et les laboratoires Servier sont touchés de plein fouet par la crise sanitaire. Près de 600 emplois au total sont dans la balance.

3 mn

Le site Duralex dans Le Loiret devrait changer de main en 2021.
Le site Duralex dans Le Loiret devrait changer de main en 2021. (Crédits : Reuters)

Le fabricant de l'emblématique verre Gigogne rechute. Duralex, déjà liquidé en 2008, a été placé en redressement judiciaire le 25 septembre par le tribunal de commerce d'Orléans. En cause, un net recul des ventes à l'export suite à la fermeture des frontières due à l'épidémie du Covid 19. Avec 80% de son chiffre d'affaires réalisé à l'export, le verrier loirétain basé à Saint Mesmin (45) a vu ses recettes baisser de façon drastique depuis six mois. Antoine Ioannides, président de Duralex, anticipe un chiffre d'affaires 2020 ramené à 26 millions d'euros au lieu des 39 millions prévus au budget. Le retard d'installation en 2017 du racleur du nouveau four de cuisson par le fournisseur lorrain Industeam, à qui Duralex réclame 9 millions d'euros de dommages et intérêts, contribuerait aussi à la fragilité du verrier. Bénéficiant de six mois d'observation, laps de temps qui sera mis à profit par l'actionnaire actuel, la famille Ioannides, pour trouver de nouveaux investisseurs, l'entreprise affirme conserver pour l'instant ses 250 salariés.

Rebond à deux ou trois ans

L'équipementier pour l'aéronautique et l'automobile Mecachrome prévoit au contraire de supprimer quelque 306 postes sur deux sites du Centre Val de Loire. L'usine d'Aubigny dans le Cher, spécialisée dans la production de moteurs pour les véhicules Renault de F2 et de F3, Porsche et Ferrari, est la plus touchée avec 160 emplois menacés. Le site et siège social de Mecachrome, basé à Amboise en Indre et Loire et axé sur l'aéronautique, prévoit de se séparer de 108 personnes. Le siège social sera lui transféré à Toulouse début 2021 pour se rapprocher de son client Airbus. « En raison de la baisse drastique du transport aérien voire de l'arrêt des vols continentaux, nous avons perdu environ 40% de nos recettes sur cette partie de notre activité, analyse Christian Cornille, pdg de la société depuis septembre 2019. Le rebond n'est pas attendu avant deux ou trois ans sur l'aérien, ce qui nous conduit à devoir ajuster dès à présent nos charges et notamment la masse salariale ». L'ETI, qui table sur la signature d'un accord de compétitivité avec les syndicats d'ici fin 2020, devrait aussi proposer un plan de départs volontaires ainsi que des périodes de chômage partiel de longue durée. L'objectif est de limiter au maximum les licenciements, assure Christian Cornille.

Moins critique que celle de Mecachrome, la situation des laboratoires pharmaceutiques Servier les conduit pourtant à envisager de supprimer 270 postes en recherche et développement (soit 20% des effectifs R&D) qui concerneront notamment les deux sites Gidy et Orléans dans le Loiret. Une réduction de voilure jugée inacceptable par le syndicat CFE-CFDT et que Servier justifie par une réorientation de son activité, vers l'oncologie notamment.

 France relance « territorialisé »

Face à l'hémorragie d'emplois annoncée dans le Centre Val de Loire, le président de la région François Bonneau table sur l'accord passé le 28 septembre par Régions de France, dont il est numéro 2, avec Jean Casteix pour limiter la casse sociale. Non seulement France relance, le plan de redémarrage de l'économie porté par le Premier ministre, sera territorialisé, mais encore l'Etat indemnisera les régions à hauteur de 600 millions d'euros. Objectif, compenser pour moitié les surcoûts et la baisse de leurs recettes, provoqués par le Covid 19, et préserver ainsi leur capacité d'intervention financière. Résolument pro business, François Bonneau espère, grâce au maintien de ces leviers, convaincre les entreprises de maintenir emplois et compétences sur son territoire fortement industriel. Un pari loin d'être gagné si l'épidémie persiste.

3 mn

Banque des Territoires | Partenaires

Les territoires qui se renouvellent face à la crise

Replay I Nantes zéro carbone

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 1
à écrit le 04/10/2020 à 17:02
Signaler
quelle surprise, hein?

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.