Tourisme : les Vosges stars de l'été... malgré la météo

Le massif vosgien a attiré cet été son habituelle clientèle familiale. Les exploitants d'hôtels, de restaurants et d'infrastructures touristiques ont sauvé leur saison avec des taux d'occupation dépassant fréquemment 90 %, malgré les contraintes du pass sanitaire et en dépit de leurs difficultés de recrutement.

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Le département des Vosges a aménagé au Col de la Schlucht un chalet destiné à la promotion de ses activités touristiques, pour 7 millions d'euros.
Le département des Vosges a aménagé au Col de la Schlucht un chalet destiné à la promotion de ses activités touristiques, pour 7 millions d'euros. (Crédits : Olivier Mirguet)

Les professionnels vosgiens du tourisme peuvent désormais souffler. Après un hiver raté pour cause de manque de neige, tout juste sortis des contraintes sanitaires qui avaient mis leurs exploitations à l'arrêt jusqu'au mois de juin, les exploitants d'hôtels, de restaurants et d'infrastructures touristiques ont vu affluer les touristes pendant les vacances d'été. Les hébergements situés en moyenne montagne, des rives du lac de Gérardmer jusqu'à la Route des Crêtes, ont connu leur pic de fréquentation de mi-juillet à mi-août et les chambres ont affiché complet. "Les clients ont vraiment anticipé leurs réservations cette année et nous avons connu 100 % d'occupation sur nos 91 appartements en location", confirme Catherine Rémy, directrice du site du Slalom La Belle Montagne à La Bresse. Dans cette station de moyenne montagne située entre 900 mètres et 1.350 mètres d'altitude, le site du Bol d'Air, qui propose 200 lits d'hébergement dans la forêt pour les amateurs de sport et d'aventure, a atteint 95 % de taux d'occupation en haute saison.

"Nos gîtes dans le massif vosgien ont été occupés à 90 % en juillet et à 97 % en août", calcule Christophe Rey, directeur commercial régional des Gîtes de France. Avec 700 hébergements en location chez l'habitant, cette formule apparaît comme l'un des principaux vecteurs du tourisme dans le département, traditionnellement orienté vers une clientèle familiale et de proximité. "Les Vosges gagnent des parts de marché parce que les tarifs restent raisonnables. La concentration humaine n'est jamais trop forte dans le massif. C'est beaucoup plus facile à vivre au quotidien, en période de Covid", estime Christophe Rey.

Annulations et réservations en chaîne

"Nous avons fait le plein mais, paradoxalement, nous avons connu beaucoup d'annulations. On a passé notre temps à faire et à défaire. Cela nous a coûté trois fois plus d'énergie qu'en 2020 pour le même résultat", a observé Christophe Rey. "Il y a eu des annulations dès l'annonce du pass sanitaire obligatoire, le 12 juillet. Malgré cette contrainte, les hôteliers ont pu remplir leurs établissements", remarque aussi Xavier Grimon, président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) dans les Vosges. "Notre gros souci, c'est le manque de main-d'œuvre. Tous les hôteliers et restaurateurs ont ouvert en même temps à la fin du printemps. Les établissements se sont retrouvés en concurrence sur les recrutements. En haute saison, certains services ont dû fermer parce que les patrons ne parvenaient pas à donner des congés à leurs employés".

La météo a aussi gâché la fête. Les semaines et les week-ends pluvieux en juillet et au début du mois d'août ont dissuadé les clients réguliers venus en voiture depuis Nancy, Metz ou Strasbourg de fréquenter les sommets vosgiens. A La Bresse, les infrastructures de loisirs, luges d'été et pistes de VTT, n'ont fait le plein que les jours de beau temps. Un télésiège est toutefois resté ouvert tout l'été pour les piétons et les cyclistes tout-terrain. "La location de VTT électriques est notre produit en vogue cette saison. Et comme les vélos sont fabriqués chez Moustache dans les Vosges, les loueurs jouent vraiment la carte locale et les circuits courts", se réjouit Xavier Grimon.

Régis Laurent, directeur du Bol d'Air, a prévu la transformation d'une ancienne usine textile en site de loisirs indoor, sur 3.400 mètres carrés. Le projet a été "reporté pour cause de Covid". L'exploitant aménagera l'année prochaine trois nouveaux chalets luxueux et "insolites", sur le modèle des cabanes en bois qui occupent déjà deux hectares dans cette vallée des Hautes-Vosges. Les tarifs peuvent atteindre 400 euros pour une nuit.

"Il faut attirer des investisseurs dans le haut de gamme, voire le très haut de gamme. La demande est forte de la part des Belges et surtout des Luxembourgeois qui ont un fort pouvoir d'achat", acquiesce Jean Hingray, sénateur des Vosges. Après avoir organisé à Remiremont la transformation d'un ancien bâtiment de la Banque de France en hôtel 4 étoiles, l'élu propose d'accompagner la régénération de la forêt vosgienne, dont l'état sanitaire s'est dégradé, en important de nouvelles essences dans le massif : des feuillus et des résineux d'Algérie, de Turquie ou d'Amérique du Nord. "Nous serons candidats au label Foret d'Exception décerné par l'ONF, qui sera aussi un atout pour le tourisme", annonce Jean Hingray.

Un slogan à la Piaf

Portée par le Conseil départemental, la promotion collective du massif s'établit depuis une décennie sur la marque "Je vois la vie en Vosges", librement inspirée par Edith Piaf. Cette campagne récurrente coûte cette année encore 1,7 million d'euros inscrits au budget primitif de la collectivité. "On vient de développer une ligne de produits "La vie en Vosges", du linge de maison ou des cosmétiques, qui sont pour la plupart réalisés dans notre département", annonce François Vannson, président (LR) du Conseil départemental des Vosges.

Fin 2019, le département a construit pour 7 millions d'euros le chalet du Tétras, qui se veut emblématique de sa politique touristique : ce bâtiment situé au Col de la Schlucht offre des espaces d'accueil, une brasserie, un magasin de souvenirs. "La saison a été bonne mais nos cafés, hôtels et restaurants sont encore loin de la sortie de crise", prévient François Vannson. En 2021, le département investira 2,8 millions d'euros dans sa politique touristique, avec des soutiens directs pour les investissements mobiliers. Le secteur emploie 5.400 salariés, mais l'écosystème reste fragile. La clientèle de proximité (Lorraine, Alsace, Benelux) est aussi une clientèle d'excursionnistes dont la dépense journalière est faible : 27 euros en moyenne, selon l'observatoire départemental du tourisme.

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Commentaires 2
à écrit le 26/08/2021 à 17:25
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Les Vosgiens devraient exploiter de manière plus audacieuse leur faune spécifique: le dahu est un animal spécialement adapté aux collines vosgiennes: pour être d'aplomb il a des pattes plus courtes d'un coté, autrement dit, il a des pattes plus longu...

à écrit le 25/08/2021 à 8:47
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l'hiver n'a pas ete rate pour cause de neige, ca faisait bien longtemps qu'il n'y en avait pas eu autant, l'hiver a ete plombe car les stations avaient obligation covid d'etre fermees

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