Il était liquidé, mais pas encore enterré. Mais la mobilisation de la dernière chance autour du projet Exalia, qui visait à reprendre une partie des actifs et des salariés laissés sur le carreau par la liquidation du chimiste Vencorex, vient d'être abandonnée.« On a été jusqu'au bout, on a fait tout ce qu'on pouvait », déplore Olivier Six, PDG du CIC Orio et porteur du projet industriel Exalia, qui ambitionnait de reprendre une partie de l'activité de l'entreprise de la chimie Vencorex, située à Pont-de-Claix, en Isère. Il y a encore quelques jours seulement, une source proche du dossier évoquait, auprès des journalistes, une clôture (positive) et imminente du projet... Il aura fallu néanmoins quelques jours de plus pour que tous les espoirs soient douchés.
Ce mardi 9 juin, les deux principaux porteurs du projet de reprise Exalia (ex-Vencorex), Olivier Six, Président du Groupe Orio, et Séverine Dejoux, ex-salariée de Vencorex, ont adressé un communiqué de presse commun sans équivoque : s'estimant « contraints à l'abandon définitif » du projet, ils dénoncent « un gâchis industriel, social et humain inacceptable ».
En cause, « la rigidité du liquidateur judiciaire » et le fonctionnement des tribunaux des affaires économiques, selon les porteurs du projet, contactés par La Tribune.
« Les impératifs de délais, l'inertie et les verrous procéduraux actuels condamnent définitivement un projet qui représentait pourtant l'avenir d’une filière industrielle régionale et nationale stratégique », précisent-ils. Olivier Six et Séverine Dejoux évoquent « un coup d'arrêt dramatique pour un projet essentiel à l'indépendance de notre pays. »
« Un fiasco industriel »
Pour rappel, le projet Exalia visait à reprendre partiellement les actifs du fleuron isérois Vencorex (qui n'avait été repris que très partiellement par le Hongrois BorsodChem, filiale du Chinois Wanhua au printemps 2025). Avec, à la clé, une projet de redévelopper une production locale, flexible et décarbonée de chlore, d'acide chlorhydrique et de soude permettant de récreer plus de 250 emplois directs à court terme, en s'appuyant sur le redéploiement de la mine de sel stratégique de Hauterives et de la plateforme chimique du Pont-de-Claix.