Avec le plan "salvezza è rilanciu" (sauvegarde et relance), le conseil exécutif corse veut décliner localement "France relance" en mobilisant 400 millions d'euros dont il espère que les trois quarts seront financés par l'Etat dans la région la plus impactée par la crise sanitaire.Qui détient la clé de la relance économique corse? Alors que l'assemblée de Corse a voté à l'unanimité vendredi 26 novembre son plan "Salvezza"(sauvegarde), premier chapitre d'une stratégie qui comprend également un volet "rilanciu" (relance), les interrogations sont de mise dans la région française la plus touchée par la crise sanitaire.
Une perte de 18% de PIB
Pour 2020, l'instance régionale évalue la baisse du PIB à 18% (contre 11% au plan national) dans une île qui tire le tiers de sa richesse du tourisme et des transports et où un salarié sur trois a bénéficié du dispositif du chômage partiel. Elle s'attend, dans la zone métropolitaine la plus frappée par la précarité, à un taux de chômage avoisinant 11,2% à la fin du mois, soit 1,5 point de plus que sur le continent. La crainte affichée est celle d'un futur "choc social", avec un taux de pauvreté de 18% incluant les jeunes en recherche d'emplois, les étudiants désoeuvrés ne pouvant financer leurs études ou encore les personnes âgées isolées.
Ces données, avec la contraction brutale de l'activité saisonnière amplifiée par le deuxième confinement, font dire à l'exécutif du président Gilles Simeoni que le choc n'est plus seulement "touristique mais domestique". Autrement dit qu'il mine durablement l'ensemble de l'activité économique et sociale, entraînant une perte de revenus pour les ménages.
"Salvezza è rilanciu", le plan insulaire
"Le plan France relance, annoncé le 3 septembre, est devenu obsolète en raison de la deuxième vague et il n'a pas de dimension territoriale alors qu'il y a bien un particularisme corse", souligne le patron de l'exécutif corse, le nationaliste Gilles Simeoni dont les relations avec Paris sont en dents de scie. Non sans noter que la Corse est la région métropolitaine la plus touchée pour les destructions d'emplois.
"Nous avons constitué une équipe de 70 agents et quatre groupes de travail pour définir le plan "Salvezza è rilanciu" (sauvegarde et relance) qui décline mesures à court, moyen et long terme en s'adossant au plan "France relance", détaille Gilles Simeoni.