L'Europe en débat : peut-on arrêter la fuite des talents ?

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Selon le Baromètre 2014 Ifop-Deloitte de l’humeur des jeunes diplômés français, les pays les plus attractifs pour l’expatriation sont clairement anglophones © Photo Rémi Benoit
Selon le Baromètre 2014 Ifop-Deloitte de l’humeur des jeunes diplômés français, les pays les plus attractifs pour l’expatriation sont clairement anglophones © Photo Rémi Benoit (Crédits : Rémi Benoit)
Alors que la crise économique pousse de plus en plus de jeunes diplômés, de chercheurs et de dirigeants de start-up à tenter l'aventure internationale, se pose la question de l'attractivité de la France, et plus largement, de l'Europe. L’Union européenne peut-elle arrêter cette fuite des talents ? Ce sera l’un des grands thèmes qui seront débattus lors du Sommet Économique du Grand Sud, organisé les 7 et 8 avril prochains à Toulouse par Objectif News, en partenariat avec La Tribune et Objectif Aquitaine.

Depuis le début de la crise économique, la fuite des talents est un phénomène qui s'amplifie de façon nette. Il y aurait ainsi aujourd'hui entre 1,5 et 2 millions de Français établis à l'étranger. Et cette population, composée principalement d'actifs, le plus souvent qualifiés, augmente de 3 à 4 % chaque année. Des expatriés qui semblent d'ailleurs de moins en moins pressés de rentrer en France. Entre 2005 et 2013, la part de ceux qui ont envisagé un séjour supérieur à dix ans à l'étranger est ainsi passée de 27 % à 38 %.

Les pays anglophones, les plus attractifs

Selon le Baromètre 2014 Ifop-Deloitte de l'humeur des jeunes diplômés français, les pays les plus attractifs pour l'expatriation sont clairement anglophones, puisqu'il s'agit, outre le Canada (à 37 %) en partie francophone, des États-Unis (à 32 %), du Royaume-Uni (à 26 %) et de l'Australie (à 18 %). Les autres destinations, tels que les pays émergents, restent pour le moment plus anecdotiques.

Qui sont ces talents ?

Mais au-delà du constat, les questions demeurent. De qui parle-t-on lorsque l'on évoque la fuite des talents ? Des jeunes diplômés à la recherche de leur premier emploi, qui voient dans l'expérience internationale une précieuse carte de visite pour la suite de leur carrière ? Des chercheurs brillants et ambitieux qui ne trouveraient pas de conditions d'accueil suffisamment satisfaisantes en France ou en Europe ? Des patrons de start-up, notamment dans le secteur du numérique, pour qui le départ ne serait en réalité pas une « fuite », mais plutôt une conquête de nouveaux marchés ?

Poser les questions qui fâchent

Sur ce sujet plutôt polémique, le Sommet Économique du Grand Sud sera l'occasion de poser les questions qui fâchent. Dans ce contexte, faut-il réellement continuer à promouvoir la mobilité à l'échelle européenne ? Peut-il être acceptable pour le système académique français de financer les études de jeunes chercheurs pour les voir ensuite partir enrichir des économies étrangères ? Et, au fond, que reprochent exactement ces exilés à la France ? Sa situation économique ? Son modèle politique ? Ses conditions de travail ?

Six intervenants

Le débat aura lieu le 8 avril à partir de 11h20 au Centre de congrès Pierre Baudis, à Toulouse, avec la participation de Paul Fabre, directeur de l'Interprofession des vins du Sud-Ouest, Camille Le Gal, présidente d'ESCadrille, junior entreprise de Toulouse Business School, Mauricio Ortiz, fondateur de la société Wriha, Jean-Luc Prigent, directeur de cabinet de l'agence bordelaise 2e2f, qui gère notamment le programme Erasmus, Marc Rougier, président de la société Scoop.it, et Bruno Sire, président de l'Université Toulouse I Capitole.

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Commentaires
a écrit le 30/03/2014 à 9:34 :
C'est simple il suffit d'augmenter le pouvoir d'achat des Français et DE TOUS LES FRANÇAIS. Le plus facile pour le faire sera que l'euro perde de sa valeur de cette façon les produits extérieur coûterais plus cher ce qui ferait produire des produits intérieurs pour compenser. Bien sur on exportera pour moins cher mais en fonction des pays il suffirait de leur vendre pour plus cher. Le plus amusant c'est que cette méthode bénéficierais a tous les peuples d'Europe MAIS PAS AUX RICHES d'Europe ! Donc on peux oublier vu que c'est eux qui sont TOUJOURS au pouvoir !
a écrit le 29/03/2014 à 10:45 :
Un français intelligent, c'est un français qui quitte son pays !
Comme le policier ... Un policier intelligent c'est un policier qui a démissionné !
Quand au soldat, le pauvre ne pourra jamais être intelligent ...
a écrit le 27/03/2014 à 9:17 :
en France ,les talents on les fait venir de Roumanie,Bulgarie,Kosovo, Maghreb.
Réponse de le 27/03/2014 à 9:41 :
Donc plus d'étrangers arrivent et plus de Français quittent la France; où veut-on en venir ?
a écrit le 26/03/2014 à 18:06 :
5 236 300 demandeurs d'emploi en catégories "A,B,C" en février 2014 (source: l'article de La Tribune qui d'être publié)
a écrit le 26/03/2014 à 17:15 :
Et si on proposait simplement du travail correspondant à ces talents ? Quand j'étais enfant, j'avais été étonné de voir arriver en France un voisin égyptien docteur en chimie, visiblement malheureux en France (il est d'ailleurs reparti)... et chauffeur de taxi. Il n'y avait pas d'emploi pour lui en Egypte. On pousse les jeunes aux études, mais il n'y a pas assez d'emplois correspondants. On ferait mieux de former des plombiers, des charcutiers, etc.
a écrit le 26/03/2014 à 15:43 :
avec une Europe de cet acabit, c'est normal que les têtes" s'en aillent!
a écrit le 26/03/2014 à 15:14 :
Vite,vite donnons leur les talents des cités sensibles !!!!!!!
a écrit le 26/03/2014 à 14:59 :
...et pendant ce temps l'Immigration des populations du sud vers l'Europe continue...
Réponse de le 26/03/2014 à 15:45 :
eh, oui! les têtes s'en vont, et les demandes d'aides affluent de tous côtés chez nous, drôles de vases communicants ...
a écrit le 26/03/2014 à 14:09 :
Vu que la politique francaise se limiter a geler le plus possible les evolutions et a privilegier les vieux, c est pas etonnant que les jeunes s en aillent. Vu le poids electoral des retraités et le fait que ceux ci ne se rendent pas compte qu on peut pas continuer a creuser des deficits pour leur permettre d avoir la belle vie, c est pas pret de s arranger.
a écrit le 26/03/2014 à 14:01 :
Les dirigeants d'entreprise qui essaient de maximiser le profit en standardisant les fonctions de l'entreprise au meilleur cout cherchent le plus possible à ne pas "s'équiper" avec ce genre de talents. C'est le nivellement par le bas! On est en mode ready to Use. soit la compétence / la personne est directement opérationnelle ... soit les gens refusent l'embauche. Il n'y a plus de parcours d'intégration dans les entreprises. C'est aussi le propre de la flexibilisation du travail ce mode Ready 2 use. Mais dans ce cas, il faut que les écoles s'adaptent à ce nouveau paradigme marchand... Ce qu'on entend partout c'est "Chacun sa vie, je m'en fous, ma journée est finie" ... voilà comment foutre en l'air les élites de la France
Réponse de le 26/03/2014 à 14:14 :
En ce qui me concerne, PHB, vous résumez bien l'état d'esprit qu'on subit en tant qu'ingénieur informaticien en France...
a écrit le 26/03/2014 à 13:55 :
Je suis cabinet de recrutement. J'ai des profils SUPELEC à placer. Qu'est ce qu'on leur fait faire à l'embauche? Des tests de développement langage Java et on les humilie à les comparer avec des techniciens. Alors si ils se barrent dans des pays ou l'on se fout pas de leur gueule ils ont raison! Aujourd'hui on sait qu'avec des diplomes HEC en France il ne se passe plus rien. Bientot on dira avec l'iX tu ne fais plus rien... Ce pays devient vraiment nul en terme de débouchés...
Réponse de le 27/03/2014 à 7:50 :
Si ils étaient faciles a caser,on n'aurait pas besoin de cabinet de recrutement,ils enverraient directement leurs CV aux entreprises.Alors faut pas trop se plaindre!
a écrit le 26/03/2014 à 13:41 :
Bonjour,

Comment L'UE pourrait elle stopper hémorragie de la fuite des talents, ainsi que les délocalisations d'entreprises alors que l'article 63 du traité de fonctionnement de l’UE étend et incite a la libre circulation des mouvements de capitaux et des personnes ?
voir ici: http://article-50.eu/article-63-cest-quoi/

C'est inscrit noir sur blanc, dans les traités. l'UE est ainsi faite et hémorragie ne cessera de s'amplifier.

C'est comme reprocher a un trader de faire trop d'argent, alors que l'essence même de son métier est d'en gagner toujours plus.
a écrit le 26/03/2014 à 13:20 :
Liberté de s'enrichir et modération fiscale ?
a écrit le 26/03/2014 à 12:57 :
Les vrais talents reprochent à la France son système fiscal complètement débile. Il est vrai que ceux qui votent les lois ne paient presque pas d'impôts (indemnités non imposables). Et la mentalité n'est pas meilleure (l'enrichissement est très mal vue, condamnable même) Alors il faut partir ailleurs pour vivre mieux.
a écrit le 26/03/2014 à 12:01 :
Le problème ne se poserai pas si " l'Europe" n’était pas (que) le vivier des talents pour les U.S.!
Réponse de le 26/03/2014 à 12:07 :
Moi je suis une brêle je suis obligé de rester en France et comme je ne suis pas le seul il reste de la réserve.
Réponse de le 26/03/2014 à 13:45 :
Merkel faisait part récemment de son souhait d'un "internet européen", pour contrer l'espionnage de masse de la NSA-Stasi. La France produit énormément de hackers (pas dans ldl sens "méchants pirates" mais plutôt génies de l'informatiques). Si ce genre d'initiative voyait le jour on pourrait rapatrier nos talents de la Silicon Valley en Europe.
Si les traités européens, notamment celui que les Français ont rejeté en 2005 mais adopté par nos dirigeants respectueux de la démocratie, n'interdisaient pas les politiques industrielles, peut-être qu'on pourrait créer de l'emploi et faire revenir nos talents.
Et c'est pas en signant le traité de libre échange avec les Etats-Unis que ça va s'arranger.

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