Relance du nucléaire : pourquoi les PME locales sont sous pression
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Dans l'atelier de montage de l'entreprise EML, un dôme de chauffe en maintenance pour Framatome.
Amandine IBLED
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Dans l'atelier de montage de l'entreprise EML, un dôme de chauffe en maintenance pour Framatome.
Amandine IBLED
Paradoxe régional : la Bourgogne-Franche-Comté ne compte aucune centrale nucléaire sur son territoire, mais elle occupe une place clé dans la filière française. 270 établissements y sont engagés dans les activités liées au nucléaire, représentant près de 23 000 emplois, soit 15 % de l'emploi industriel régional, selon le GIFEN (Groupement des Industriels Français de l'Energie Nucléaire).
Autour de grands donneurs d'ordre comme Framatome au Creusot et à Saint-Marcel, du CEA Valduc ou encore de GE Vernova, gravite un dense réseau de PME spécialisées dans l'usinage, la chaudronnerie, l'ingénierie ou les équipements industriels.
À Champforgeuil, près de Chalon-sur-Saône, EML fait partie de cet écosystème. La PME conçoit et fabrique des machines spéciales pour l'industrie et intervient déjà dans le nucléaire. Comme huit autres entreprises régionales, elle a intégré la première « Grappe PEON » lancée en France par le GIFEN et financée à 50 % par la Région Bourgogne-Franche-Comté. Doté d'un budget de 250 000 euros, le programme vise à améliorer l'excellence opérationnelle des entreprises pour les préparer aux défis de la relance nucléaire. « Nous sommes la première grappe nationale lancée en Bourgogne-Franche-Comté. L'objectif est de faire monter en compétences les entreprises en qualité, sûreté et performance industrielle », explique Arnaud Bélorgey, chargé de mission innovation filières et compétitivité à la Région Bourgogne-Franche-Comté.
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La relance du nucléaire intervient dans un contexte inédit. Pendant près de vingt ans, la filière française a principalement vécu au rythme de l'exploitation et de la maintenance du parc existant. Avec les futurs EPR2, elle devra désormais assurer simultanément l'entretien des réacteurs en service et la construction de nouvelles unités. « La filière industrielle est restée complète grâce à l'exploitation du parc existant. Aujourd'hui, nous changeons de braquet : il faut continuer à exploiter mais aussi construire. Cela exige des entreprises encore plus performantes », souligne Christophe Véron, responsable du programme PEON.