Les entreprises de taille intermédiaire (ETI) françaises révèlent une fragilité inattendue : leur succession. 95 % des ETI non cotées disposent désormais d’un organe collégial de gouvernance mais seules 11 % ont formalisé un plan de succession. Un angle mort préoccupant dans un pays où 68 % des ETI sont familiales, selon le premier Observatoire des pratiques de gouvernance des ETI.
Les ETI françaises ont largement intégré les bénéfices d’une gouvernance structurée. Tel est le premier constat établi par l’Institut Français des Administrateurs (IFA) et l’APIA (Administrateurs Professionnels Indépendants et Associés) dans le cadre de leur premier Observatoire des pratiques de gouvernance des ETI, dévoilé à Nantes le 7 juillet.
Cette étude, menée auprès de 155 entreprises de taille intermédiaire cotées et non cotées, met en lumière un mouvement de professionnalisation inédit de la gouvernance des ETI françaises mais révèle également une fragilité persistante : la préparation de leur transmission.
Parmi les entreprises non cotées interrogées, 66 % ont adopté un conseil d’administration ou de surveillance et 29 % un autre organe collégial propre aux SAS. Au total, 95 % disposent aujourd’hui d’une instance de gouvernance collective, souvent sans y être contraintes par la réglementation.
Pour Laurent Degabriel, directeur général de l’IFA, cette évolution est remarquable. « Beaucoup d’entre elles ont mis en place une gouvernance collégiale sous des formes diverses alors qu’elles n’y étaient pas obligées. C’est la preuve qu’elles perçoivent la gouvernance comme un outil d’accompagnement et de pérennité davantage que comme une contrainte réglementaire », indique-t-il lors d’un échange avec La Tribune.
Le paradoxe de la transmission
Mais les résultats de l’Observatoire révèlent également une faiblesse majeure. Alors que 38 % des ETI non cotées placent la transmission parmi leurs deux principaux défis de gouvernance, entre 69 % et 88 % d’entre elles sont incapables de répondre aux questions portant sur sa formalisation. Et seules 11 % disposent d’un véritable plan de succession.
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« Le paradoxe est moins entre les 95 % d’organes de gouvernance et les 11 % de plans de succession qu’entre les 38 % qui considèrent la transmission comme prioritaire et les 11 % qui l’ont réellement formalisée », souligne Laurent Degabriel.