Dans les Hauts-de-France, c'est le commerce le plus impacté

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Un barrage de gilets jaunes sur un rond-point menant à l'autoroute Paris-Bruxelles aux environ de Fontaine-Notre-Dame, à côté de Cambrai (Hauts-de-France), le 4 décembre 2018.
Un barrage de gilets jaunes sur un rond-point menant à l'autoroute Paris-Bruxelles aux environ de Fontaine-Notre-Dame, à côté de Cambrai (Hauts-de-France), le 4 décembre 2018. (Crédits : Reuters)
Ce week-end, les tensions ont été particulièrement importantes à Calais, Boulogne-sur-Mer, Dunkerque, où l'A16 a été coupée sur une vingtaine de kilomètres pendant plusieurs heures, mais aussi à Valenciennes et à Maubeuge.

Dans une région maillée par la grande distribution, les manifestations des gilets jaunes ont surtout impacté le commerce.

« La grande distribution accuse des pertes allant de 20%, 25% et même jusqu'à 37% par rapport à l'activité habituelle : cela tient au fait que les clients ne veulent pas se retrouver bloqués ou agressés », constate Frédéric Motte, à la tête du MEDEF des Hauts-de-France.

Il ajoute :

« La période des fêtes de fin d'année étant cruciale, la situation est très inquiétante : ces manifestations des gilets jaunes sont du pain béni pour les géants de la vente en ligne, qui certes embauchent des salariés en France mais qui ne paient pas beaucoup de taxes chez nous. »

Grande distribution et galeries marchandes très impactées

Comme moins de monde fait ses courses, les grandes surfaces se retrouvent à jeter des tonnes de denrées périssables. Les cadeaux de Noël seront plus facilement achetés sur internet. « La grande distribution et les commerçants des galeries marchandes sont très lourdement impactés : ils demandant d'ores et déjà des mesures d'étalement et de chômage partiel », s'inquiète Frédéric Motte qui se félicite quand même de la bonne coopération des forces économiques avec la préfecture de région.

La préfecture du Nord a mis par exemple en place dès samedi dernier une ligne d'information dédiée aux acteurs économiques : les entreprises qui auraient pu subir le mouvement des gilets jaunes pouvaient ainsi contacter directement les services de la préfecture. Exceptionnellement, la préfecture a même levé l'interdiction de circuler des véhicules de plus de 7,5 tonnes sur l'ensemble des Hauts-de-France dans la nuit de samedi à dimanche.

La délégation régionale de la FNTR (Fédération nationale des transports routiers) a connu des situations très variables dans la région. « Au début du mouvement il y a quinze jours, nous avons eu quelques poids lourds bloqués et puis le trafic est redevenu fluide, notamment vers Paris », explique Rose-Marie François de la FNTR Nord. « Les entrepôts frigorifiques de Lesquin, Carvin et Libercourt ont été particulièrement touchés, ce qui a conduit à des difficultés de livraison. Certains transporteurs se sont plaints de délais pour la livraison de carburant, allant jusqu'à une semaine en raison des mouvements, contre deux à trois jours en temps normal. »

Impossible aujourd'hui de chiffrer le préjudice, les transporteurs étant aujourd'hui « plus préoccupés à rattraper leurs retards dans les livraisons ».

Xavier Bertrand fustige les GAFA "qui ne paient quasiment pas d'impôts"

Xavier Bertrand, le président de la région des Hauts-de-France, s'est exprimé hier soir au journal télévisé de France 2 :

« La colère que [les gilets jaunes] ont exprimée sur le pouvoir d'achat, c'est des gens qui vous disent "nous, on travaille et on n'y arrive pas". C'est vrai que, pendant des années, voire des décennies, la classe politique n'a pas entendu ce message », a-t-il expliqué, considérant que le pays est « menacé par le chaos », appelant par ailleurs à un apaisement. Il ajoutait :

« Une mesure efficace et rapide serait de taxer les Google, les Amazon et les Apple qui ne paient quasiment pas d'impôts en France. »

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Commentaires
a écrit le 04/12/2018 à 23:04 :
Ils n'ont rien fait quand ils étaient au pouvoir et ils prétendent encore donner des leçons sur ce qu'il faut faire ! Mais quand les médias vont-ils arrêter de leur servir la soupe pour faire du buzz à n'importe quel prix ? Cultiver et informer le peuple, c'est la tâche des médias, pas son exploitation pour faire de l'antenne ou du texte...
a écrit le 04/12/2018 à 18:46 :
La solution c'est surtout de limiter grandement le nombres de politiciens (il y en a trop) et leurs salaires irraisonnable. Tout l'argent gaspiller pour les entretenir c'est du foutage de gueule.

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