C'est l'histoire de deux entreprises partenaires. L'une vend les canapés que l'autre fabrique. Placée en liquidation judiciaire en 2009, la première a été rachetée, puis a renoué avec les bénéfices il y a trois ans. La seconde s'est retrouvée en redressement judiciaire en 2015, et en est sortie en mai dernier. Aucune n'a lâché l'autre au milieu de la tourmente. Ce qui les a aidées à remonter la pente. Aujourd'hui, toutes les deux jouent, ensemble, la carte du Made In France et de la qualité. Et cela leur réussit.
Ainsi s'exprime René-Jacques Dufour, le Pdg de Home Spirit, ajoutant qu'il ne veut plus faire de croissance externe à tout-va, car « chat échaudé craint l'eau froide ». Ni travailler avec certaines enseignes de la grande distribution contre lesquelles il faut se battre pour gagner seulement quelques centimes.
En 2015, le groupe familial est passé de 24 à 5 sociétés, et ses effectifs de 300 à 80 personnes à la suite de difficultés financières dues à des problèmes de gestion, lesquelles étaient entretenues par des mésententes au sein de la famille. Home Spirit a dû fermer son usine Dodo, à Bruxelles (Belgique), celle de la marque Sièges Confort DS, à Saint-Etienne, et celle des Etablissements Carlos Demon & Fils à Loison-sous-Lens (62). Sa société Fnapp, basée dans le Haut-Rhin, a heureusement trouvé un repreneur. La SA Home Spirit détient dorénavant la société Mousse du Nord Matnor, implantée à Neuville-en-Ferrain, et Canapé Déhoussable de Tourcoing (CHT) dont les ateliers se trouvent à Halluin. Elle a gardé ses parts dans l'entreprise Boiseries Sièges Nord (BSN), un de ses sous-traitants qu'elle abrite dans ses locaux de Neuville-en-Ferrain. En dehors de l'usine polonaise Alliance, dont elle détient 60 % du capital, Home Spirit a dorénavant toutes ses activités concentrées dans la métropole lilloise. Là où elles ont toujours été rentables.
Home Spirit privilégie le « Made In France » et le circuit court. L'industriel achète les trois quarts de ses tissus auprès d'un façonnier local. Près de 80 % de ses approvisionnements sont effectués dans un rayon de 100 km autour de Lille Grâce à l'utilisation de bois issus de forêts gérées durablement, de panneaux agglomérés à faibles émissions de formaldéhyde et de colle aqueuse, au recyclage des chutes de production et au chauffage des bâtiments avec les déchets de bois, il a même obtenu le label NF Environnement.
Pas étonnant que la Camif l'ait choisi dans son tour du Made In France qui, pour sa troisième édition, a démarré le 18 mai chez Api'Up, un concepteur de meubles en matières recyclées basé dans le département des Landes. Au total onze fournisseurs ont été retenus. Des créateurs et des fabricants de meubles, de canapés, de literie et de linges qui se distinguent par la qualité de leurs produits et leur capacité d'innovation.
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Après s'être recentré sur l'équipement de la maison et la vente sur Internet, le repreneur de l'ancien numéro trois français de la vente à distance a fait en sorte que les fournisseurs et les clients qui avaient perdu de l'argent lors de la mise en liquidation judiciaire de la Camif profitent de cette reprise. Comment ? En mettant l'accent sur le développement durable et le Made In France jusqu'à proposer sur son site un service de « consolocalisation » qui permet aux consommateurs de choisir leurs produits en fonction de leur lieu de fabrication de manière à favoriser l'achat local garant d'un emploi local.
A Neuville-en-Ferrain, les clients et les collaborateurs de la Camif étaient une trentaine à s'être déplacés le 16 juin pour visiter l'usine et participer aux ateliers créatifs. L'occasion pour le distributeur de rappeler ses engagements.
Invité à s'exprimer sur la Fédération Indépendante du Made in France (FIMIF), Charles Huet, porte-parole de cette organisation née en juillet 2015, a insisté sur le pouvoir d'emploi qu'a le pouvoir d'achat. Son association a pour objectif de rassembler les entreprises et les consommateurs pour porter plus haut la voix du Made In France. Elle compte déjà plus d'une centaine d'adhérents. Outre le fait de produire du contenu pour maintenir le sujet du Made In France dans l'agenda médiatique, à travers notamment la sortie d'études sur les comportements et les attentes des consommateurs, la FIMIF visent à mettre en réseau les acteurs impliqués dans cette volonté de fabriquer et d'acheter français.
En homme convaincu par sa mission, Charles Huet a été jusqu'à dire qu'« avec leur pouvoir d'achat, les consom'acteurs ont plus de pouvoir que les politiques pour que l'emploi se développe en France ». Encore faudrait-il mieux encadrer le marquage d'origine « Fabriqué en France », « Made In France », « Produits français ».
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