Le champion mondial des distributeurs automatiques de pizza n’est ni romain, ni napolitain, il est normand. Installée à l’ombre de la basilique de Saint Thérèse, la société Adial inonde la France et une partie du monde de ses automates. Le coronavirus ferme les restaurants mais remplit son carnet de commandes.Le 3 novembre, Adial a fêté l'installation de son millième distributeur automatique de pizzas (ou DAP). Le 14 décembre, il fêtera le 1.045e. C'est dire le rythme de croissance de cette entreprise française devenue, en quelques années, le leader mondial de sa spécialité.
L'histoire débute en 2002. A l'époque, un entrepreneur normand du nom de Max Petit cherche à reconvertir ses distributeurs de DVD que la numérisation condamne à une mort certaine. Il développe un premier prototype de DAP dont il vend une trentaine d'exemplaires, les meilleures années. Pour la France du début des années 2000, acheter une pizza en libre service relève encore de l'hérésie. La PME vivote jusqu'à son rachat en 2015 par un ancien cadre d'Arcelor Mittal, Vincent Le Gouic, à qui le concept tape dans l'œil.
« Pour calmer les coups de feu »
Refonte du service commercial, amélioration de l'environnement logiciel des machines, développement du marketing... Le nouveau patron donne de sa personne. En cinq ans, l'entreprise multiplie par six son chiffre d'affaires et fait passer ses effectifs de 13 à 78 personnes. Son usine produit aujourd'hui 300 distributeurs par an.
Depuis l'ère Max Petit, les mentalités ont évolué. Les artisans restaurateurs, premiers clients d'Adial, ne sont plus disposés comme leurs aînés à passer leur vie derrière les fourneaux. "Ils cherchent un meilleur équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle. Un automate leur permet de calmer les coups de feu voire de fermer certains soirs", remarque Vincent Le Gouic.
Des effets positifs du coronavirus
Quelques clients « historiques » abandonnent même la salle pour gérer des parcs d'une quinzaine de machines depuis leur cuisine. Il faut dire que le DAP promet un retour sur investissement doré sur tranche. "Bien gérée et bien localisée, une machine rapporte en moyenne 100.000 euros et jusqu'à 350.000 pour les plus bénéficiaires pour un prix d'achat maximum de 60.000 euros", vante le fabricant. Les deux confinements ont, en outre, dopé les commandes. "Ceux qui hésitaient encore sont passés à l'acte", constate-t-il. Après un premier semestre en demie teinte, l'entreprise devrait terminer l'année sur une croissance de 52 %.
Nathalie Jourdan, à Rouen