Lâché par l'Etat, le Versailles du cheval cherche à se remettre en selle
Nathalie Jourdan
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Photo d'illustration
Région Normandie
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C'est Louis XIV qui, sous l'influence de Colbert, décide de fonder l'administration des haras nationaux pour reconstituer la cavalerie royale décimée par les guerres mais surtout pour rapatrier en France -on dirait relocaliser de nos jours- la discipline de l'étalonnage dans laquelle excellent italiens et allemands. Le Pin sera le premier haras à incarner cette volonté de reconquête.
La royauté voit les choses en grand. Construit sur les généreux pâturages de l'Orne au milieu d'un parc de plus de mille hectares, le château somptueux s'ouvre sur une immense cour d'honneur cernée d'écuries disposées en fer à cheval. L'esprit de Mansart et de Le Nôtre souffle sur le domaine à qui Jean de la Varende donnera le nom de « Versailles du cheval ». Pendant 300 ans, sous la tutelle de l'Etat, les étalons qui habitent les lieux donnent naissance à des dizaines de lignées de chevaux d'armes puis de sport dont certains furent des cracks.
La décennie 80 marque le début du déclin avec la dissolution de l'administration du corps des officiers des Haras puis, trente ans plus tard, la vente de ses derniers chevaux par le ministère de l'agriculture qui abandonne définitivement l'étalonnage au profit des élevages privés. Entretemps, le Pin s'est diversifié dans l'accueil de compétitions, de spectacles équestres et le tourisme.... avec un certain succès puisqu'il revendique quelque 50 000 visiteurs par an. N'empêche, les investissements s'y font de plus en plus rares. Si le domaine a encore belle allure, il ne faut pas y regarder de trop près. Insuffisamment entretenu, il accuse le poids des ans.
En 2013, sous la pression des collectivités qui veulent en faire une vitrine des Jeux Equestres Mondiaux organisés en Normandie un an plus tard, le site sort du périmètre de l'Institut Français du cheval et de l'Equitation pour accéder au rang d'Etablissement public national. Un statut de façade puisqu'il n'abrite, plus en réalité, que quelques activités de recherche et de sélection menées pour le compte de l'Etat. Pour autant, le ministère de l'agriculture n'en affirme pas moins vouloir chercher les moyens du rebond.
Nathalie Jourdan
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