Permaculture. Perrine et Charles Hervé-Gruyer, ils sèment...
Nathalie Jourdan, au Bec-Hellouin
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À ceux, de plus en plus nombreux qui veulent suivre leurs traces, ils n'en font pas mystère : savoir planter des choux à la mode de chez eux ne s'improvise pas. Il aura fallu plusieurs années avant que le lopin de terre ingrat du Bec-Hellouin ne devienne ce potager luxuriant montré en exemple de la Chine à la Patagonie et jusqu'au Mozambique. C'est en 2004 que les deux globe-trotters en quête de sens - elle juriste internationale et psychothérapeute, lui marin, écrivain et documentariste - y posent leurs baluchons, nantis d'un petit pécule, de neurones en bon état de marche... et de « brouettées d'idéalisme et de naïveté ».
Quinze ans plus tard, leur second livre "Vivre avec la Terre" raconte, avec force photos, schémas et dessins, le chemin épineux qu'ils ont débroussaillé. Car avant d'acquérir ce sens de l'humus devenu leur marque de fabrique, le couple manque d'y laisser son sens de l'humour. Les arpents qu'ils espéraient nourriciers se révèlent durs à cuire « à peine dix centimètres de bonne terre, mais dessous des mètres de cailloux ». Les débuts sont difficiles, les dettes poussent plus vite que les récoltes.
Les deux apprentis agriculteurs persistent. « Le jour aux champs, la nuit devant l'ordinateur », ils s'initient aux finesses de la permaculture, cet art de vivre et de produire vertueux, théorisé par deux universitaires australiens iconoclastes, David Holmgren et Bill Mollison. Le couple puise avec gourmandise dans cette philosophie qui fait écho à leurs convictions et qui consiste à reproduire les écosystèmes naturels sans contraindre ni les plantes ni les hommes.
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[Perrine et Charles Hervé-Gruyer. Crédits : L'Eveil Normand]
Le mot « exploiter » n'a pas cours dans leur ferme, pas plus que celui de « mauvaise herbe ». Leur travail est le fruit d'une approche qui relève d'un alliage d'empirisme, d'intuition et de science agronomique où « chaque élément remplit plusieurs fonctions » : théorème de base de la pensée permacole. D'abord observer, puis patiemment « designer » parce que « l'intention et les concepts sont plus importants que les données techniques ». Ensuite, se muer en « humbles assistants des vers de terre » pour recréer un sol plus fertile.
Nathalie Jourdan, au Bec-Hellouin
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