Les parcs d'attractions n'ont pas la cote en PACA

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Marineland est le seul parc de la Côte d'Azur a bien tourner. Photo Almodovar
Marineland est le seul parc de la Côte d'Azur a bien tourner. Photo Almodovar
De grands espaces, une population importante, de nombreux touristes et un climat doux tout au long de l'année, Provence-Alpes-Côte d'Azur paraît avoir les atouts nécessaires pour susciter l'appétit de l'industrie du loisir. Pourtant, au palmarès des 30 sites culturels et récréatifs nationaux de l'Insee, n'apparaît aucun parc de la région. Même Marineland n'y figure pas.

C'est la montagne russe la plus haute d'Europe : à 76 mètres de hauteur, elle propulse les passagers à 134 km/h sur une descente de 78 mètres. Du haut du Shambhala, inauguré en mai 2012, on surplombe la Méditerranée et l'immensité du parc catalan de Port Aventura, le parc à thèmes situé entre Vila-seca et Salou (Tarragone, Espagne). À une heure de Barcelone, 25 millions ont été investis par le fonds Investindustrial avec La Caixa dans ce nouveau joujou : il devrait attirer près de 4 millions de visiteurs cette année (contre 3,7 en 2011), dont un tiers d'étrangers et 500 000 Français. "ll y a la place ici pour un Port Aventura de même type », estime Olivier Temprado. Le gérant du Speed Water Park de Plan-de-Campagne ne comprend pas vraiment pourquoi la région est vierge de ces grands ensembles ludiques qui suscitent tant l'engouement les Européens.


Une fréquentation insuffisante


Le sien, planté dans l'une des plus grandes zones commerciale de France (200 000 m² et 400 enseignes) entre Marseille et à Aix-en-Provence, accueille modestement une centaine de milliers de visiteurs chaque année. Il n'a pas de concurrent sur son créneau - aquatique - dans les Bouches-du-Rhône. Mais on en trouve quatre autres dans la région, à Saint-Cyr-sur-Mer, Sainte-Maxime, Fréjus et Antibes. Son pire ennemi, c'est finalement lui-même : " le chiffre d'affaires d'une saison (1,3 million en 2011) se réalise sur 80 jours par an, explique Olivier Temprado. Nous devons donc faire en sorte que nos clients reviennent plusieurs fois dans une même ». Mais ce n'est quand même pas suffisant : son seuil de rentabilité à 150 000 entrées et il a , en 2011, connu des problèmes financiers lourds.
Pour compenser les aléas de la fréquentation, les parcs comptent de plus en plus sur la consommation sur place des visiteurs dans les boutiques et restaurants, et sur les revenus annexes comme les redevances et revenus de crédit-bail des hôtels. À Speed Water Park, les ventes annexes représenteraient 30% des recettes. Mais pour créer de la «revisite» et maintenir l'engouement, il faut aussi investir lourdement. Selon Raffour Interactif, cabinet spécialisé dans le tourisme, les grands parcs français réinvestissent chaque année de 10 à 20% de leur chiffre d'affaires pour renouveler en moyenne 20% de l'offre. Paca est la troisième région française la plus peuplée avec ses 4,9 millions d'habitants et la deuxième pour le nombre de touristes accueillis. Pour autant, aucun de ses parcs ne se glisse dans les 30 plus importants de France. Seul Marineland plus grand parc animalier marin d'Europe et son million de visiteurs, pourraity prétendre mais son modèle inclassable, entre parc animalier, aquarium, espace de loisirs et centre de recherche l'en empêche...
Bernard Giampaolo, directeur général de Marineland, tente de ramener la clientèle italienne, friande de parcs d'attractions, notamment en développant la partie hôtellerie autour du parc. Son expérience devrait l'aider. Avant de prendre la tête de Marineland, il dirigeait Apavou Hôtels, une grande chaîne hôtelière qui possède 12 hôtels entre l'île Maurice et La Réunion . Miser sur l'hôtellerie, OK Corral y avait pensé depuis longtemps. Le parc de Cuges-les-Pins a une histoire singulière : l'ancien ranch fait payer l'accès à ses distractions s depuis les années 70. Des tipis ont été plantés au sein du parc dès 1989, permettant aux visiteurs d'y passer la nuit. Ce qui en fait un précurseur. "Disneyland Paris n'a ouvert qu'en 1992, rappelle le responsable commercial du parc, Frédéric Adragna. Nous hébergions donc déjà nos clients, mais l' ouverture de Disneyland nous a permis de gagner encore plus de visiteurs : les familles voyaient les pubs à la télé, ce qui leur donnait l'idée de passer le week-end chez nous !", s'amuse-t-il.


Les parcs avec hôtellerie marchent mieux


La formule entrée + hébergement a fait florès et aujourd'hui, les parcs de loisirs font le plein le week-end. Si bien que Thomas Cook, le second tour-opérateur français, commercialise depuis cette année une formule combinant hôtel et ticket d'entrée à un parc aquatique en Méditerranée. En Paca, deux campings ont été sélectionnés, dans le Vaucluse et dans le Var, mais en guise de parc aquatique, les clients se contentent de jolies piscines, d'un ou deux toboggans et quelques terrains de sport. Dans le même esprit, Parkatem, un site de réservations en ligne, offre aux internautes la possibilité de réserver un séjour avec hôtel + entrées. Il ressort également des enquêtes réalisées sur le sujet que les parcs de loisirs sont un atout pour le développement touristique d'une région : un visiteur de parc sur quatre en profite pour visiter la région. La Provence et la Côte d'Azur auraient des arguments convaincants pour capter une part de cette économie. Mais en ont-elles besoin ? "Non, répond sans vraiment hésiter le président du Comité régional du tourisme de PACA, Pierre Meffre. Il y a certes peu de parcs à thèmes en région par rapport à notre potentiel, mais notre offre en matière d'activités culturelles et sportives est déjà bien développée, contrairement à la Catalogne qui mise essentiellement sur ses plages pour occuper ses touristes", assène-t-il.
 

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Commentaires
a écrit le 22/11/2018 à 17:24 :
Il y a des oublis de mots dans l'articles et des fautes de frappes

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