Jifmar prépare la bataille navale autour des éoliennes

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Jean-Michel Berud . Photo Almodovar
Jean-Michel Berud . Photo Almodovar
À deux pas du port de l'Estaque, à Marseille, se cache une petite pépite du offshore. Jifmar Offshore Services. Créée en 2005 par deux jeunes loups ayant fait leurs armes chez les géants du secteur, elle réalise aujourd'hui 10 millions de chiffre d'affaires. Spécialisée en services et assistance aux travaux maritimes et côtiers, la société marseillaise se lance désormais dans l'éolien offshore.

Jean-Michel Berud ne raconte jamais l'épopée de Jifmar dont il est le P.d-g, sans parler de sa "moitié", Foad Zahedi, son associé et directeur général. "On s'est rencontré, on est tombé amoureux, on a fait un enfant, il s'appelle Jifmar", plaisante-t-il. DESS de management en poche, le premier est rentré chez LD Travocean, une filiale de Louis Dreyfus Armateurs. Il y est resté chef de projet pour la pose de câbles sous-marins pendant 11 ans. Le second était directeur général de G-Octopus, une filiale de Thalès réalisant des études de fondation pour les plates-formes sous-marines. "Nous avons travaillé ensemble en 1998 et nous nous étions dit que ce serait bien de faire quelque chose ensemble".


Total, leur premier client, les lance


En 2005, ils créent donc ensemble Jifmar Offshore Services à Marseille, "parce qu'il n'y avait pas d'armateur spécialisé et qualitatif en Méditerranée", commente-t-il. Depuis, l'entreprise a poussé ses pions à grands pas sur les bords de la grande bleue et au-delà. Elle dispose d'implantations à Sète, Port-la-Nouvelle, Bayonne, à Brest depuis peu, de filiales en Algérie, en Côte d'Ivoire, à Mayotte. Elle a aussi des projets à court terme en Irak et aux États-Unis. "Nous avons eu la chance de démarrer avec Total. Ça nous a beaucoup aidés", lâche le jeune chef d'entreprise. En 2005, Jifmar signait ainsi un contrat auprès du grand compte français portant sur la maintenance et l'assistance aux opérations des terminaux pétroliers offshore de Port-la-Nouvelle (contrat renouvelé d'ailleurs cette année). En avril dernier, elle emportait un marché similaire pour le terminal pétrolier des Badamiers, à Mayotte.
En 2007, c'est avec BP qu'elle contractait à Sète. De quoi asseoir sa crédibilité en tant que spécialiste des services intégrés. Pour ce faire, l'entreprise a fait le choix de posséder ses propres navires spécialisés (6 à ce jour) et d'investir dans du personnel qualifié (ingénieurs et plongeurs) et dans des équipements de robotique. "Ces quatre éléments sont pour nous comme les quatre pieds d'une table. Nous ajustons en fonction des besoins mais nous avons toujours besoin des quatre", explique Jean-Michel Berud.


Trouver les meilleurs bateaux pour entretenir les éoliennes


En 2009, l'entreprise a amorcé une première diversification, notamment dans la "récupération d'objets" pour le compte de la DGA, qui a nécessité l'usage d'un robot capable d'intervenir à 2 000 mètres de profondeur. En 2011, elle lançait une nouvelle division, Jifmar Turbines Services, dédiée aux services à l'éolien offshore en calquant le modèle développé pour le service pétrolier. Un secteur sur lequel l'entreprise se positionne avec Turbine Transfers, filiale de Holyhead Towing Company, un armateur anglais présent dans l'offshore pétrolier et l'éolien offshore et qui détient 33% de son capital depuis 2009. Dans la foulée, en août 2011, elle rachetait le chantier naval audois Littoral, spécialisé dans les navires en aluminium. Celui-là même qui fabrique les navires multifonctions qui lui sont indispensables. "Nous avons déjà quatre de ces couteaux suisses de la mer, nous en aurons bientôt trois de plus", confie l'entrepreneur. Ce chantier naval emmène d'ailleurs Jifmar sur un projet de catamaran en alu de 25 mètres pour l'éolien, dont le financement est en bouclage, dans le cadre d'un appel à projets sur les navires du futur . "Ce type de bateau est la clé pour récupérer le marché de la maintenance des éoliennes, confie le dirigeant. Il nous en faudra 8 à 10 à l'échéance 2016-2018 quand ce marché décollera. Notre associé anglais en a déjà 22. Il en aura 9 de plus d'ici la fin de l'année". Voilà donc une autre bataille navale qui s'annonce. Avec un chiffre d'affaires qui double régulièrement, Jean-Michel Berud serait un entrepreneur complètement heureux s'il ne se heurtait pas à deux écueils : "le recrutement d'ingénieurs qui reste difficile et les relations avec les banquiers . Mais sur dernier ce point, il n'est pas le seul
 

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