PACA « Se donner un cap pour réussir »

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Jean-Luc Monteil, président du Medef Paca
Jean-Luc Monteil, président du Medef Paca (Crédits : DR)
[ #Regionales 2015 ] Entretien avec Jean-Luc Monteil, président du Medef Paca.

LATRIBUNE - Le périmètre de Paca demeure inchangé, quel risque cela représente-t-il ?

JEAN-LUC MONTEIL - Avant la réforme territoriale, Paca était la troisième région française en matière de PIB. Après la réforme, nous ne serons plus que 7e sur 13. Au-delà des classements, dont la portée symbolique n'est tout de même pas à minimiser, c'est la réalité économique qui n'a pas été prise en considération par les pouvoirs publics lors de la refonte de la carte territoriale.

Tout au long des échanges parlementaires, les entrepreneurs de Paca ont plaidé pour la constitution d'une grande région Méditerranée. Une ambition qui répond à des logiques à la fois économiques mais aussi humaines et culturelles.

Primo, la marque « Méditerranée » existe déjà de fait et résonne à l'échelle européenne, voire mondiale. Secundo, les régions Paca et Languedoc-Roussillon ont en partage un ADN économique axé autour de l'industrie, de l'agriculture et du tourisme. Tertio, de nombreuses branches professionnelles, grandes entreprises et ETI se sont d'ores et déjà structurées sur l'arc méditerranéen, dépassant ainsi les frontières administratives. Nous avons défendu cette ambition à Matignon ainsi qu'auprès des parlementaires de Paca, mais n'avons finalement pas eu gain de cause. Le jeu politique a été plus fort que nos convictions !


Vous avez dénoncé le budget  de la région, faible et peu ambitieux en termes d'investissements et de soutien à des filières porteuses... Quels sont les défis que Paca doit relever ?

Les viviers de croissance en Paca sont nombreux. Néanmoins, dans un contexte de raréfaction des deniers publics, priorité doit être donnée aux secteurs entraînants de l'économie régionale : le tourisme, les industries pétrolières et chimiques, la parapharmacie, l'aéronautique, l'agriculture...

Ces activités constituent de puissants vecteurs d'entrée de valeur ajoutée sur le territoire et irriguent l'ensemble des autres secteurs. Contrairement aux idées reçues, l'on peut faire beaucoup mieux sans dépenser d'argent public supplémentaire, à condition que toutes les parties prenantes - pouvoirs publics, acteurs économiques, partenaires sociaux - se mettent enfin autour de la table.


Comment imaginez-vous la région à l'horizon 2030 ?

Le Medef Provence-Alpes-Côte d'Azur a réalisé récemment un travail de prospective à quinze ans, fondé sur un scénario de France Stratégie, afin d'identifier les secteurs moteurs de demain. Suivant la fameuse loi d'Okun, Paca devra enregistrer une croissance de 1,7 % pour retomber à un taux de chômage de 10 % - nous dépassons aujourd'hui 11 %. Loin d'être la panacée, cette perspective doit être atteinte car notre région souffre de taux de chômage et de pauvreté structurellement supérieurs à la moyenne nationale. Cette situation ne peut perdurer.

Dans cette optique, selon nos estimations, les secteurs qui devraient recruter le plus à horizon 2030 seront l'industrie agroalimentaire, les services, la pharmacie, la R&D, les assurances ainsi que l'hôtellerie. La première locomotive économique de Paca devrait donc demeurer le couple industrie-tourisme auquel s'ajoutent les services aux entreprises, grands pourvoyeurs d'emplois. Si Paca veut réussir, elle doit se donner un cap. Nous n'avons plus les moyens ni le temps de nous reposer sur nos lauriers.

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