Provence-Alpes-Côte d’Azur : fortifier le bel équilibre

Laurence Bottero, à Marseille

Laurence Bottero, à Marseille
Elle a pour elle la mer, le soleil et un territoire contrasté, fait de vallées et de montagnes qui lui permettent de disposer de beaucoup d'atouts, enviables si l'on en croit les yeux doux que lui fait notamment le Gard (département du voisin Languedoc-Roussillon), désireux de rejoindre une région riche et fort bien positionnée géographiquement.Et les chiffres sont là pour le dire : première région d'accueil pour les touristes français et deuxième destination des touristes étrangers, juste derrière l'Île-de-France, avec un chiffre d'affaires de 14 milliards d'euros et 148. 000 emplois.
Mais il n'y a pas que cette jolie dame qu'est le tourisme. L'autre pan de l'économie territoriale, c'est l'industrie. Et en la matière, cette dernière est plutôt diversifiée, allant des parfumeurs de Grasse - Robertet, Mane, Fragonard - aux poids lourds de l'aéronautique - Airbus Helicopters, Thales Alenia Space - en passant par la microélectronique - Gemalto, STMicroelectronics - et la pétrochimie, centrée autour du port de Fos-sur-Mer et qui représente 32 % du raffinage hexagonal.C'est cette économie plurielle qui permet à Provence-Alpes-Côte d'Azur de ne pas craindre le poids que pèseront, dès 2016, les deux grandes régions voisines, le Languedoc-Roussillon allié à Midi-Pyrénées d'un côté et Rhône-Alpes additionné à l'Auvergne de l'autre.
« Nous avons un potentiel d'accélération du développement économique », poursuit Jean-Yves Longère, notamment via tout ce qui relève des réseaux électriques intelligents, de la smart city ou encore de projets dits « structurants » comme celui dénommé Henri-Fabre qui prévoit de construire, disent ses initiateurs - l'État et Airbus Helicopters - « une usine étendue du futur » installée sur 150 hectares sur l'aire Aix-Marseille et s'appuyant sur le travail collaboratif entre PME et donneurs d'ordre, le but étant de faire croître la filière aéronautique et mécanique.
D'autant que ces nouvelles grandes régions vont, elles, devoir se structurer, absorber les modifications de périmètres, alors que Paca, quel que soit le nouvel exécutif, sera prête au lendemain du scrutin à se mettre en ordre de marche. Un atout finalement, sur ce que beaucoup auraient pu voir comme un désavantage.
D'ailleurs, Paca est suffisamment séduisante pour tenter le Gard à rejoindre son giron. Et parmi les plus fervents défenseurs de ce basculement du Languedoc-Roussillon vers Provence-Alpes-Côte d'Azur, se trouve Éric Giraudier. Le président du Medef du Gard n'en démord pas, le découpage « politique » a fait fi des liens économiques et pour le département gardois qui regarde davantage vers les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse, c'est dommageable.
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Et ce qui pose problème, notamment pour les petites et moyennes entreprises, c'est la distance qui sépare le Gard de Midi-Pyrénées.
Quid dans ce cas du droit d'option qui en théorie permet à un département de changer de région ?
« Nous nous battons pour qu'il soit mis en œuvre, nous effectuons un vrai travail d'influence », poursuit le patron des patrons gardois qui ne s'interdit pas d'avoir recours au référendum d'initiative locale, persuadé qu'une forte majorité validerait le rattachement à la région provenço-azuréenne, d'autant plus si l'on en croit un sondage réalisé voici plusieurs mois et qui révèle que 80 % des chefs d'entreprise gardois étaient favorables au rattachement à Paca.
Du côté des entrepreneurs provençaux et azuréens, on verrait d'un bon œil l'arrivée de ce nouvel ajout, essentiellement, évidemment, pour des raisons d'actionnariat financier, comme de déplacements domicile-travail. Même France Stratégie l'a souligné, appuyant sur ces deux points. Toujours une question d'équilibre...
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Extrait du Soir 3 du jeudi 24 septembre 2015
Laurence Bottero, à Marseille
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