Sur un marché des objets connectés estimé à 100 milliards d’appareils, la nantaise MicroEJ, spécialisée dans la conception de conteneurs d’applications logicielles, a développé une solution ultra standardisée et sécurisée pour faire communiquer les appareils électroniques connectés ou non. Une révolution qui permet aux fabricants de réduire de moitié les temps de conception et de mise sur le marché de leur produit. L’objectif est clair : équiper 1 montre connectée sur 2 dans le monde.Les aspirateurs Rowenta, les modems 3 et 4G de Thales, les robots cuiseurs Cookeo Touch de Moulinex, la domotique de Leroy Merlin, les pompes à chaleur d'Atlantic... En quatre ans, la solution technologique de l'entreprise nantaise Micro EJ a équipé plus de cent millions de produits électroniques et objets connectés à travers le monde. Sa proposition de valeur ? Développer des "conteneurs" permettant de loger au même endroit le code d'une application, sans que celui-ci soit implémenté sur l'infrastructure. Cette méthode - aussi appelée virtualisation - permet aux industriels de réduire par deux le temps de R&D, d'abaisser leurs coûts de production et d'accélérer les mises sur le marché.
« Notre objectif premier était de prendre pied dans dix verticales métiers ; petit et gros électroménagers, imprimantes, thermostat... avec au moins une ou deux références chez un grand compte. Il s'agit maintenant de devenir majoritaire dans chacune de ces verticales, et déjà, sur un marché où les plus grands acteurs détiennent 10% à 15% de parts de marché, on peut dire qu'en 2024, une montre connectée sur deux sera équipée de notre technologie », assure Fred Rivard, Président de MicroEJ,
Voyage au cœur du bas-niveau
Il aura fallu huit ans et près de quarante millions d'euros d'investissement à MicroEJ pour être aujourd'hui considéré comme le « petit frère » d'Android Things. Ce système d'exploitation, repris par Google en 2015 a finalement été abandonné le 5 janvier dernier, face à une vive concurrence d'Ubuntu Core, RIOT, l'Azure Sphere OS et Windows 10 IoT chez Microsoft, et... de MicroEJ.
« L'idée des conteneurs logiciels n'est pas nouvelle. Tous les serveurs, tous les PC, tous les smartphones ont de la virtualisation, mais seul l'univers des objets connectés en était dépourvu. Tout simplement parce qu'ils étaient trop volumineux et consommaient beaucoup de mémoire», rappelle Fred Rivard, docteur et expert en sémantique informatique, passé chez IBM, où le développement des systèmes embarqués ne semblait pas la priorité.