NANTES. La méthode d’anonymisation des données de santé mise au point par la start-up nantaise WeData vient d’être validée par la CNIL. En garantissant confidentialité et qualité de la donnée, la jeune entreprise entend devenir la référence mondiale du partage de la donnée et imposer sa technologie sur le marché de la santé.« Il n'y a, désormais, plus de raison de faire prendre un risque de réidentification à un individu », assure Olivier Breillacq, fondateur de la start-up nantaise WeData dont la technologie d'anonymisation des données vient d'être validée par la CNIL (Commission National Informatique et Libertés). Testée par le CHU de Nantes, déployée par un laboratoire pharmaceutique, engagée dans le programme européen HAP2, cette technique, dite d'avatarisation des données, permet de garantir la confidentialité et la qualité des données, sans retour arrière possible. « C'est une transformation à sens unique , qui allie éthique et exploitation des données. Celles-ci peuvent alors être mises au service de l'innovation dans le respect de chacun. C'est vraiment un enjeu de société », affirme Olivier Breillacq.
Outre la protection et la preuve de la protection apportées « grâce à des métriques démontrant le niveau de sécurité », la technologie de WeData se différencie des solutions concurrentes par la conservation d'une granulométrie très fine et individuelle des données. Autrement dit, les données générées par ces avatars pourront être utilisées pour des analyses statistiques complexes (analyses multivariées, développement de modèles de machine learning...) comme s'il s'agissait de données originales, contrairement à des méthodes concurrentes qui s'appuient sur des données agrégées et des moyennes. De plus, les données générées n'étant plus des données personnelles, elles sortent de fait des exigences du RGPD. « L'impossibilité de réidentifier des individus et donc de pouvoir exploiter les données de façon éthique, c'est la promesse que nous annoncions mais il préférable que ce soit l'organisme de référence pour la protection des personnes en France qui statue sur cette promesse », indique le fondateur de WeData.
Un outil pour les scientifiques
Cette solution a déjà été utilisée par un laboratoire pharmaceutique désireux de vouloir démontrer la pertinence économique et médicale d'un nouveau protocole de soins. Pour cela, les données collectées auprès de 20.000 patients pendant deux ans devaient pouvoir être analysés par une filiale à l'étranger. « Ce qui a pu être réalisé grâce à nos données anonymisées plutôt que de devoir signer des accords légaux longs et couteux, de devoir déplacer des gens à l'étranger, risquer des fuites, etc. Et l'industriel peut conserver ces données pour des finalités exploratoires futures », explique le dirigeant de WeData, qui, par ailleurs, construit une plateforme de partages de données dans le cadre du programmes européens HAP2, mené sur cinq ans. «L'un des objectifs est de pouvoir enrichir des articles de scientifiques et d'adjoindre des données sous formes d'avatars qui permettront aux chercheurs de se réapproprier les conclusions de ces articles. Cela permettra de donner une transparence sur la façon dont on est arrivé à ces conclusions et donc de permettre une reproduction de la science», indique Olivier Breillacq