Lhyfe amorce le printemps de l’hydrogène dans les Pays de la Loire
Frédéric Thual, à Nantes
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Un tiers de l’équipe de R&D de Lhyfe est issu du Commissariat à l’Energie Atomique (CEA)
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Un tiers de l’équipe de R&D de Lhyfe est issu du Commissariat à l’Energie Atomique (CEA)
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Jusque-là plus connu pour ses parcs à huitres que pour sa production d'hydrogène, le polder de Bouin pourrait demain devenir l'épicentre de l'hydrogène vert français. Elus départementaux et régionaux et acteurs de la transition énergétique se sont pressés samedi 26 septembre à Bouin, sur le littoral vendéen, pour assister à la pose de la première pierre du futur centre de R&D production d'hydrogène vert imaginée par la jeune startup Lhyfe. Un geste symbolique qui matérialise, du même coup, le lancement de «La Pays de la Loire hydrogène Vallée » voulue par le conseil régional. Dans six mois, les 4.000 m² de Lhyfe produiront quelques 300 kilos d'hydrogène vert par jour. Une première en Europe.
« C'est vraiment la première fois en France et en Europe que des électrolyseurs vont être connectés aux productions d'énergie renouvelables intermittentes. C'est la particularité du site. On a conçu un process industriel où l'énergie peut être intermittente. On sait la prédire, gérer la fluctuation et le stock. Ce n'est pas sans poser de difficultés techniques, et c'est d'ailleurs pourquoi un tiers de l'équipe de R&D vient du Commissariat à l'Energie Atomique (CEA) », explique Matthieu Guesné, ex-directeur régional du CEA Tech Pays de la Loire, fondateur et Pdg de Lhyfe. Pour mener à bien ce process, la start-up a bouclé l'une des plus grosses levées de fonds (8,3 millions d'euros) en amorçage dans l'industrie en 2019 auprès de Noria, le Syndicat d'énergie de Vendée (SyDEV) et sa Sem Vendée Energie, Ovive (Groupe Les Saules) et les fonds Ouest Croissance et Océan Participations : 2,3 millions sont utilisés pour la construction du centre de R&D et de production. Plus de 5 millions d'euros seront consacrés à la recherche et au développement au cours des trois prochaines années, dont 50% est financé par BPIFrance dans la cadre du programme génération Deeptech.
« Ce qu'on doit faire maintenant, c'est améliorer l'efficacité et le rendement du système. Ou comment optimiser la quantité d'énergie pour produire non plus 300 kg mais une tonne jour », explique Matthieu Guesné, qui promet de produire un hydrogène vert, propre de A à Z, à 10 ou 12 euros le kilo, soit un tarif compétitif comparé à l'hydrogène, dit vert, sensiblement proposé au même tarif, mais produit avec de l'électricité issue du nucléaire. Le prix de l'hydrogène « gris », issu d'une production fossile, se situant, lui, plutôt autour de 18 euros le kilo dans la région nantaise. « Notre outil est calibré pour répondre à la demande du marché du grand Ouest, notamment pour approvisionner le bus à hydrogène mis en service au Mans, les stations-services en cours de déploiement dans la région, et des flottes d'utilitaires comme les bennes à ordures. Si besoin, il nous suffira d'ajouter des tranches à l'outil de production. Nous avons la possibilité de tripler notre capacité », précise Matthieu Guesné, qui compte produire 300 kilos d'hydrogène par jour dès mai 2021. Chaque station-service pourra servir de 700 à 1.000 voitures. Le plein d'un véhicule Toyota ou Hyundaï, c'est 5 ou 6,6 kilos, qui permettent de parcourir 700 kilomètres. « A titre de comparaison, le plus gros consommateur d'hydrogène serait Ariane Espace avec 150 tonnes par an », précise Matthieu Guesné. Reste à trouver des véhicules aujourd'hui commercialisés autour de 70.000 euros ! « Notre plus gros problème, c'est de trouver des consommateurs », admet Alain Leboeuf, actionnaire du projet, convaincu que rouler à électrique ou à l'hydrogène a du sens, notamment en milieu rural. C'est d'ailleurs, lui, persuadé que l'hydrogène, entièrement décarboné, sera l'énergie de l'avenir, qui met le pied à l'étrier de Lhyfe en 2016.
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