Manitou et Bénéteau embarquent sur le cargo à voiles Neoline

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Le cargo à voiles de Neoline permettrait d'économiser plus de 4.000 tonnes de CO2 par an. Mise en service prévue en 2021.
Le cargo à voiles de Neoline permettrait d'économiser plus de 4.000 tonnes de CO2 par an. Mise en service prévue en 2021. (Crédits : Mauric)
Neoline trouve des vents porteurs. Après Renault, les groupes Bénéteau, leader mondial des industries nautiques, et Manitou, leader mondial de la manutention tout-terrain, viennent d'apporter leur soutien au projet de cargo roulier à voiles développé par la société nantaise Neoline.

Avec les promesses de Renault, Manitou et Bénéteau, Neoline vient de formaliser l'épine dorsale de son projet. « C'est le fond de cale qui assure 50 % de la rentabilité du premier navire et nous permet d'aller chercher autour. Surtout, ce sont des signaux favorables qui crédibilisent le projet et vont nous aider à convaincre les investisseurs », espère Jean Zanuttini, l'un des fondateurs de Neoline qui vise la construction d'un puis de deux cargos rouliers à voiles (4.200 mètres carrés) de 136 mètres pour transporter du fret maritime entre Saint-Nazaire, la côte est américaine et Saint-Pierre-et-Miquelon.

La technologie permettrait de réduire jusqu'à 90% des émissions de CO2 comparé à un cargo traditionnel. L'alliance des arguments écologique, technique et économique a, semble-t-il, convaincu les industriels, désireux de réduire leur impact environnemental, d'embarquer dans l'aventure.

« Il est primordial pour le groupe Manitou de pouvoir accéder à des solutions de transport à la fois performantes et responsables. La proposition de Neoline est en adéquation avec nos besoins opérationnels. Elle est par ailleurs viable énergétiquement avec une estimation à plus de 4.000 tonnes de CO2 économisés par an », précise Augustin Merle, manager Transport et Projets logistiques chez Manitou Group, qui prévoit en 2019 de transporter par bateau plus de 1.000 machines depuis l'Europe vers les États-Unis.

Une mise en service prévue pour 2021

Neoline ambitionne de capter la totalité de ce flux. De son côté, Bénéteau, qui exporte 80 % des bateaux construit en Europe, dont une partie vers les États-Unis et le continent nord-américain, s'est lui aussi montré intéressé pour le transport de navires de 70 pieds (21,48 mètres). Les capacités de stockage du futur Neoline d'une hauteur de 9,80 mètres permettent de transporter ces bateaux d'un seul bloc, alors que le gabarit habituel de 7 mètres obligeait, jusqu'à présent, d'embarquer ces unités en deux parties.

« Neoline propose une solution sur mesure, écologiquement et économiquement pertinente pour nos flux transatlantiques, avec un chargement au plus près de nos chantiers », justifie Magdeleine Allaume, directrice Achat et Supply chain du groupe Bénéteau.

En phase de levée de fonds, Neoline doit maintenant mobiliser les financeurs pour lancer la construction dès l'automne prochain. La mise en service est prévue pour 2021. Le nom du chantier devrait être annoncé courant avril. Le cargo à voiles de Neoline permettrait d'économiser plus de 4.000 tonnes de CO2 par an. Mise en service prévue en 2021.

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a écrit le 14/04/2019 à 11:17 :
Très beau projet écologique mais équilibre financier introuvable. Il faudra un équipage plus nombreux et le temps de trajet sera forcément plus long que sur un navire à propulsion moteur. Donc le cout en personnel sera beaucoup plus élevé et ne compensera pas l'économie faite sur le carburant. Le rêve risque de se briser sur la réalité économique a moins que l'on trouve des idéalistes acceptant de travailler gratuitement sur ce bateau.
a écrit le 10/04/2019 à 9:42 :
P.S.: Et si nous avions encore une puissance politique en europe et en france on pourrait orienter notre règlementation afin d'imposer ces cargos beaucoup moins polluants pour taxer tout ceux qui viennent de chine et d'ailleurs venant nous déverser leurs immondes camelotes qui se retrouvent dans nos poubelles quelques moins après achats.

Lier également le transport à voiles à des produits de consommation de qualité pourrait être aussi un axe de pensée.

Oui un véritable rêve en néolibéralisme mais avouez qu'avec le plus grand domaine maritime mondial on a des possibilités de croissance économique infinies et pourtant totalement sous exploitées par stupidité ou intérêts de quelques uns qui ne sont pas ceux de la majorité et n'ont donc aucune légitimité.
a écrit le 10/04/2019 à 8:05 :
Enfin un oeil sur une belle et nouvelle économie, on ne peut que souhaiter longue vie et prospérité à cette entreprise que je remercie mille fois tellement ça insuffle un air frais au sein de cette économie généralisée d'une médiocrité exponentielle.

Bon on va lui souhaiter bon vent aussi même si c'est un peu facile...

Et merci pour cet article.

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