ZOOM MACRO. Avec un afflux de 25.000 habitants par an, une indéniable dynamique démographique et l’un des taux de chômage les plus faibles de France, les Pays de la Loire cultivent une certaine qualité de vie. Avec le risque que les conséquences de la pandémie et les objectifs de développement durable n’obligent ce territoire atypique à rentrer dans le moule.Consolidés autour de la Loire-Atlantique, du Maine-et-Loire, de la Vendée, de la Mayenne et de la Sarthe, les Pays de la Loire sont l'une des rares régions françaises à ne pas à avoir fusionné à l'occasion de la réforme territoriale de 2015. Cela a-t-il constitué un avantage pour affronter la crise sanitaire ?
« En passant de la huitième région sur vingt-deux à la huitième sur treize, on est forcément dans le bas de la distribution en termes de taille. Est-ce pour autant un handicap ? Ce n'est pas sûr. Les acteurs économiques n'ont pas eu à polariser leurs énergies sur le regroupement et ont pu se concentrer sur le développement. Ce qui est important, c'est d'être performant dans les secteurs qui se portent bien et c'est plutôt le cas de l'économie des Pays de la Loire », observe Pascal Seguin, directeur régional de l'Insee Pays de la Loire où le taux de chômage, s'il a grimpé d'un point en raison de la crise sanitaire, reste l'un des plus bas de France 7,9%.
Si le nombre de licenciements économiques a bondi de +13,7% en 2020 (+0,7% en 2019), notamment au second semestre (+49,6%), les Pays de la Loire, première région française pour sa qualité de vie (sondage BVA Salesfore 2018), restent un territoire où il fait bon vivre. «Les querelles de chapelles n'existent pas entre les acteurs publics et économiques. Tous s'entendent bien et mettent leurs compétences au service du développement économique », s'accordent les différents acteurs. Un climat favorable aux affaires que la Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI) qualifie de « culture du partenariat exemplaire ».
Des ambitions démographiques revues à la baisse
« On a aussi moins de pauvres, moins de chômage qu'ailleurs... Une des forces de la région, c'est le bon niveau d'éducation des Ligériens. Les résultats au bac sont supérieurs à la moyenne nationale, la proportion des jeunes sans diplôme est plus faible qu'ailleurs. La région a su attirer de grandes écoles d'ingénieurs, et pas seulement à Nantes, et densifier son réseau et les interconnexions entre établissements », note Pascal Seguin. De fait, sur le volet social, outre un taux de pauvreté établi à 10,8% contre 14,6% au niveau national, l'écart entre les 10% les plus pauvres et 10% les plus riches, atteint 3,8% alors qu'il se situe à 4,5% au niveau national. « L'Ouest comprend plus de familles avec enfants que la moyenne nationale et moins de familles monoparentales, qui sont généralement les plus exposées», justifie-t-il.