« Nous ne partons pas de zéro et il ne s'agit pas de faire table rase du passé », s'empresse de dire Jean-Jacques Lumeau, adjoint à la culture de la Ville de Saint-Nazaire où la culture, justement, devrait être placée au coeur des enjeux électoraux des prochaines municipales. Après avoir entrepris de réhabiliter ses friches industrielles et portuaires avec le projet Ville-Port il y a trente ans, la municipalité s'attaque aujourd'hui à l'art dans l'espace public. Et c'est vrai, elle ne part pas de zéro. Dans les années 1990 déjà, elle fit fleurir en 4x3 des vignettes d'albums de Tintin en plusieurs lieux de la ville. Ont suivi la création du Life, scène artistique, dédiée aux spectacles vivants et aux arts plastiques ; la naissance du centre d'art contemporain Le Grand Café ; l'ancienne gare devenue théâtre et scène nationale en 2012 ; la Suite de triangles de Felice Varini ; les jardins du Tiers-Paysage de Gilles Clément ; les Javelots de Peter Logan ; ou encore les fresques réalisées lors du festival Les Escales. Avec 10,5 millions d'euros, le budget culture représente un peu plus de 10 % des dépenses municipales.
« Le prochain budget devrait être plus conséquent. Il va se passer des choses avec des partenaires ou en direct par le biais de commandes publiques », affirme l'adjoint à la culture de Saint-Nazaire, qui veut devenir « une ville en mouvement et un territoire d'expérimentations artistiques ». Dès 2016, des rendez-vous culturels ont été organisés à travers la ville et les quartiers pour recueillir le ressenti et les attentes des habitants, des associations, des artistes, des collectifs, d'acteurs culturels... Un an plus tard, le conseil municipal fixait les grandes orientations de sa politique culturelle à l'horizon 2024 pour faire « émerger un nouveau souffle culturel pour Saint-Nazaire, y développer un nouvel imaginaire, accueillir et accompagner l'implantation, la formation d'artistes, de créatifs, de collectifs sur le territoire ».