A Nantes, les créations de l’incubateur Data Health Factory sur la santé, de l’accélérateur Miam sur la FoodTech ou du récent startup studio d’Imagination Machine pour les Tech for Good illustrent l’évolution des modèles économiques des structures d’accompagnement. Les startups deviennent activatrices de leviers de croissance pour les grands groupes, et non plus simplement portées pour leurs bonnes idées.C'est une tendance. Et le premier à avoir manifesté ce besoin d'intervenir très en amont de l'innovation, c'est l'accélérateur Imagination Machine, créé par l'américain Rob Spiro en 2017, à Nantes. Un an plus tard, la structure devenait un Startup Studio. Autrement dit, un lieu qui n'accompagne plus des startups mais recrute des entrepreneurs chargés de co-créer et de développer des idées à potentiel, identifiées par les dirigeants d'Imagination Machine, dans le secteur des « Tech for Good», des sociétés à impact positif.
« C'est une thématique qui devient une vraie stratégie pour de nombreuses entreprises », souligne Rob Spiro. Soutenu par sept entreprises régionales (Eram, Dubreuil, Cetih, Idea, Armor...) ce Startup Studio a, l'an dernier, levé 4,5 millions d'euros auprès du fonds French Tech Accélération, géré par BPI France. « Nous consacrons en moyenne 200.000 euros par projet que nous finançons 100% dans un premier temps pour détenir à terme 30% du capital », précise Rob Spiro, qui dit recevoir une centaine de candidatures d'entrepreneurs chaque mois. Au rythme de trois à quatre projets (Jho, Les mini mondes, Il était plusieurs fois, Uptogether, Just ...) par an, le startup studio s'apprête à lancer un neuvième projet. « Un logiciel en Saas pour aider les entreprises à mettre en action des projets à impact positif, à gérer leur empreinte carbone, leur l'impact social... », esquisse-t-il.
Une croissance de 300%
En croissance de 300% en 2020, Imagination Machine compterait 150 salariés et annonce générer un chiffre d'affaires global de d'un million d'euros par mois à travers ces différents projets. « Le startup studio, c'est un concept particulier, encore peu répandu en France. Il est très différent de l'accélération traditionnelle qui investit ou non au capital des startups. Le temps où il fallait remplir les accélérateurs est un peu derrière nous. Les structures d'accompagnement ont mûri et deviennent plus sélective dans leur sourcing. Dans une compétition de plus en plus rude, tout le monde se rend compte aussi que le modèle de la prise de participation au capital est un système compliqué à rentabiliser à l'instar du Data Health Factory ou du Startup Palace où ce n'est pas le nombre de startups qui permet de rembourser l'investissement », observe Adrien Poggetti, directeur de la Cantine Numérique et délégué général de la Nantes Tech, qui recense une vingtaine d'incubateurs et d'accélérateurs sur le territoire de l'agglomération nantaise. Plus modestement d'ailleurs, celui-ci devrait s'enrichir dans les prochains jours de French Tech Central, une plateforme déployée dans les treize métropoles French Tech où l'on ne parle pas d'accompagnement financier mais de prise de rendez-vous pour une mise en relation entre les startupers et les services administratifs de l'Etat.