Le CHU de Nantes au cœur de la transition numérique
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Plus que le « simple » transfert d'un CHU, c'est une « petite » révolution médicale qui naît sur l'île de Nantes, où émergera en 2026 l'hôpital du futur. Un établissement voulu « intelligent, connecté, ouvert sur la ville et le citoyen », où l'hôpital ne devra être « qu'un simple épisode dans le parcours de soins ». L'ambition, les enjeux et les problématiques sont posés. Et avec eux un chantier colossal.
Ici, c'est lui qui dirige l'opération ULYSSE ; à savoir la mise en œuvre du dossier patient informatisé, autrement dit le « zéro papier ».
À l'horizon 2026, les activités de médecine, chirurgie, obstétrique, le Samu/Smur des sites de l'hôtel Dieu actuellement en centre-ville, l'hôpital Nord Laennec, le centre René Gauducheau de l'institut de cancérologie de l'Ouest, l'institut de recherche en santé, un hôtel hospitalier d'une centaine de chambres seront réunis sur un seul et même site. Un terrain de dix hectares, en partie libéré par le départ du MIN, où les tractopelles ont commencé leur danse.
Dans ce qui deviendra le nouveau quartier de la santé nantais, l'hôpital sera le cœur d'un réseau connecté, associant professionnels de santé, chercheurs, étudiants, enseignants, praticiens libéraux, entrepreneur du secteur médical...« l'impact des innovations digitales sera majeur », promettent les promoteurs du projet. L'hôpital se réinvente autour d'une médecine préventive, prédictive, personnalisée, participative. La démarche a déjà fait émerger 57 groupes de travail auxquels ont participé plus de 850 personnes.
Toute l'organisation des soins va être bouleversée. Il ne s'agira plus d'un fonctionnement standardisé centré sur le soin, mais de développer des traitements personnalisés et intégrés dans une démarche préventive. Autrement dit, on va modifier radicalement la prise en charge et le parcours patient.
Dans ce nouvel hôpital, qui comprendra 1384 lits et places, les séjours en ambulatoires compteront pour 64% contre 55% aujourd'hui. Un des objectifs étant de soigner au maximum le patient à son domicile, où grâce aux objets connectés et à la mise en œuvre d'un dossier patient sécurisé, accessible par les différents professionnels de santé, il pourra être suivi et soigné à distance. Pour sécuriser l'ensemble des données, le CHU s'est doté de deux datacenters, aux sauvegardes redondantes, situés au Nord et au Sud du département.
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Le CHU de Nantes vient d'ailleurs de lancer un AMI (Appel à Manifestation d'Intérêt) sur l'hôpital du futur (expérience patient, hôpital intelligent, déploiement de datas, management de l'innovation, réseaux...) avec l'AP-HP (Assistance Publique -Hôpitaux de Paris) les centres hospitaliers Lariboisière du Grand Paris Nord, pour identifier les innovations susceptibles d'être déployées sur leur site. Les résultats devraient être connus mi-novembre.
Pour l'heure, seule une option aurait été prise pour le déploiement de la fibre optique dans l'établissement.
Dans cet établissement « de 3.000 lits où tous les soirs dort une ville malade et où 4.000 enfants naissent chaque année », la dématérialisation va directement toucher 8.000 des 12.000 employés du centre hospitalier. Depuis deux ans, l'on a méthodiquement commencé à former et à acculturer le personnel. Car, bien évidemment, l'hôpital du futur va générer de nouveaux postes, des évolutions de fonction et soulève certaines inquiétudes. Pour rassurer, en 2014, un showroom de 300 m² a été spécifiquement aménagé dans les locaux du CHU pour dispenser des formations dans des conditions proches de la réalité ; comme si l'on était dans une unité de soins, aux urgences, en salle de réanimation, au secrétariat ou au domicile du patient où sont déployés des objets connectés. Trois mille personnes y sont déjà passées pour deux à trois jours formation.
Suffisant ?
Parallèlement, le personnel dispose d'une plateforme de e-learning, de conférences en amphi, de kiosques d'information in situ...
Choisis, en interne, pour leur connaissance des métiers la santé, les formateurs ne sont pas forcément des stratèges.
D'ores et déjà, sur les trois mille lits de l'Hôtel Dieu, deux tiers bénéficient de prescriptions informatisées et la moitié d'entre-deux dispose d'un dossier patient informatisé.
Les secteurs de la Femme, de l'enfant et de l'ado doivent être informatisé dès cet automne. Suivra en 2018, le département « Chirurgie » où le couple chirurgien/anesthésiste et la multiplicité d'intervenant complexifient l'opération. Quoi qu'il en soit, les systèmes d'informations du futur CHU devront être totalement opérationnels deux ans avant la mise en service officiel de ce nouvel établissement de santé.
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