Nantes passe en mode numérique

Frédéric Thual, à Nantes

Frédéric Thual, à Nantes
Si, à l'exception de l'écosystème numérique, la notion de smart city reste encore un peu abstraite ou méconnue des Nantais, le chantier avance. La mutation est en cours. Partie visible de l'iceberg, la version pilote de l'application mobile multiservice « Nantes dans ma poche », lancée en mai dernier, préfigure ce que pourra être la ville intelligente « à la nantaise ».
Une ville d'expérimentation, attractive, connectée, facile à vivre, solidaire, partagée... comme le détaille la feuille de route élaborée par Nantes Métropole. L'organisation d'ateliers prospectifs sur l'innovation, ouverts aux équipes municipales et aux usagers, a permis de mettre sur les rails les 24 communes de l'agglomération. Certaines commencent à embarquer dans l'aventure de l'application « Nantes dans ma poche » en faisant remonter les données des cantines scolaires, les horaires de piscine, etc.
La version 1 devrait être lancée pour la fin de l'année. Avec, cette fois, davantage de microservices en partie concoctés par des startups ligériennes.
Pour accélérer le processus de numérisation de la cité nantaise, la présidente de Nantes Métropole s'est d'emblée entourée d'un adjoint à l'innovation et au numérique et a créé une direction à part entière dont la mission est de mobiliser les 20 politiques publiques au service de l'innovation. Cette partie immergée de l'iceberg touche les 8.000 agents de la structure métropolitaine et concerne un territoire de 600.000 habitants.
Urbanisme, éclairage public, assainissement, voiries, ressources humaines... tous les services sont mis à contribution pour introduire de l'innovation et du numérique dans leur fonctionnement. « Nous sommes au début d'une histoire qui va révolutionner la façon de construire la ville. Pour cela, nous avons aussi besoin d'acquérir une culture commune », ajoute Nathalie Hopp, directrice générale chargée du projet métropolitain, aujourd'hui à l'interface des différentes directions.
En interne, cela pourrait se traduire par le déploiement d'un plan de formation des agents sur le terrain, des cadres, des chefs de projets, etc. Une acculturation nécessaire qui susciterait plus d'envie que de freins, assure-t-on. « Cela permet de sortir d'un cadre imposé depuis des années et de s'épanouir, pour ceux qui le souhaitent, sur des sujets transverses. Ces nouveaux enjeux et cette notion de mieux travailler ensemble, c'est plus une mesure d'émancipation. Avec un rythme qui est forcément celui d'une collectivité de 8 000 personnes et non d'une startup de trois personnes. Mais, le pivot est en train de se faire dans l'administration », se réjouit Franck Trichet.
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D'ici à décembre encore, dans le sillage du grand débat sur la Loire mené au printemps et qui avait jeté les bases d'une refondation du dialogue citoyen, la métropole nantaise va accoucher d'une plateforme citoyenne de quartiers, accessible sur Internet, pour donner la parole aux habitants qui, pour une raison ou pour une autre, sont jusque-là absents du débat public.
Pionnière dans le domaine des données ouvertes, après avoir favorisé l'alliance des collectivités dans ce secteur et l'émergence de nombreux lots de données, la ville veut désormais s'orienter vers davantage de pédagogie.
Dans le registre de la ville facile, la collectivité cherche à simplifier les démarches administratives et réduire le nombre de factures papier en multipliant les démarches en ligne. Progressivement, un compte unique avec un seul identifiant, un seul mot de passe devrait être mis en place pour accéder aux diverses institutions. L'idée d'un coffre-fort numérique destiné aux plus démunis pour stocker l'ensemble de leurs papiers d'identité avance.
Pour devenir une cité facile, solidaire, attractive, connectée..., favoriser les transitions numérique, énergétique et écologique, le plan d'action de la ville intelligente compte une centaine d'interventions afin de déployer le haut débit pour tous à l'horizon 2020, le wi-fi gratuit là où les flux sont les plus importants. Mais aussi favoriser des tiers lieux d'innovation, accroître la mobilité, la multiplication des pratiques collaboratives, le renforcement de l'écosystème numérique, la mise en oeuvre de l'hôpital et de l'usine du futur, l'expérimentation de nouveaux modèles urbains sur l'île de Nantes, la création d'un observatoire des pratiques numériques, etc.
En croissance régulière depuis 2009, l'écosystème numérique a permis l'éclosion de près de 1.500 entreprises et plus de 200.000 emplois. Faute de pouvoir se faire seule, l'embryon de ville intelligente cherche aujourd'hui à accélérer les processus créatif et collaboratif entre le secteur public, les citoyens, les filières et les entreprises.
D'où une volonté farouche, dans un contexte de restriction budgétaire, d'inciter les partenariats entre le public et le privé, les rapprochements entre grands groupes, PME et startups. À l'instar de la startup nantaise EP (Énergie Perspective) particulièrement impliquée dans la réflexion sur la création d'une plateforme locale de rénovation énergétique.
Frédéric Thual, à Nantes
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