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Comment le numérique rend la ville «smart»

Photo de Laurence Bottero

Laurence Bottero

Publié le 29 septembre 2016 à 13:00

Le Quotidien Numérique

13 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Plus qu’un changement, plus qu’une transition, le numérique est désormais partie intégrante de la vie quotidienne. La digitalisation porte dans son ADN le gène de la simplification et de l’optimisation. Pas un secteur (ou presque) ne lui échappe. Être smart, c’est bien ; mais avec intelligence, c’est mieux. Et en Provence-Alpes-Côte d’Azur, on l’a bien compris.

Marseille classée par l'OCDE comme l'une des 40 métropoles les plus innovantes de la planète. Nice considérée comme l'une des cinq premières villes connectées au monde, selon le classement établi par Juniper Research... Et un président qui veut faire de Provence-Alpes-Côte d'Azur une smart région... On ne peut pas dire qu'en termes de « numérique attitude », le territoire soit à la traîne. Cela fait même partie de son attractivité. Une bonne image à l'international due, notamment, aux différents mouvements French Tech. En phosphorant de concert, en portant loin les compétences du coin, les French Tech - d'Aix-Marseille à la Côte d'Azur en passant par Avignon ou Toulon - ont très largement contribué à mettre en avant l'expertise de ses pépites.

Car c'est bien cette mise en commun de savoirs qui a placé le numérique dans le haut du panier de toutes les préoccupations. Ne nous y trompons pas, la vague digitale est à la fois un tsunami générationnel, social et entrepreneurial. Et certainement pas un gadget. Une vague dont les effets doivent être pris à bras-le-corps pour ne pas se laisser submerger. À condition, bien sûr, d'en retirer la substantifique moelle. Être smart, c'est être intelligent et même plus que ça. Quel secteur peut se considérer comme non impacté ? Qui peut encore ignorer que la digitalisation va bien au-delà d'un service dématérialisé, présenté comme la cerise sur le gâteau ?

Lost in transition ?

Comme toute vague qui a tendance à tout emporter sur son passage, le numérique a « forcé » les secteurs et les entreprises traditionnelles à s'adapter. La transition numérique, c'est un peu comme un cocher qui aurait ignoré l'arrivée du chemin de fer. Observée d'un œil d'abord curieux, puis inquiet, elle oblige l'entrepreneur à sortir de sa zone de confort.

Au point que le Medef lui-même lui a consacré, en mars, une déclinaison de sa célèbre université d'été, bien conscient que le syndicat patronal doit jouer le coach dans cet accompagnement au changement. C'est que, sur le terrain, il reste des petites entreprises sinon à convaincre, du moins auxquelles il faut donner les clés. C'est ce qu'explique Claire Peradotto, la dirigeante de Peradotto Publicité, entreprise familiale installée à Nice et spécialisée dans l'impression grand format et la communication visuelle. En belle entreprise traditionnelle, elle a dû franchir le pas du numérique.

Aujourd'hui coprésidente de la commission numérique au sein de l'UPE06, elle reconnaît que le travail sur le terrain est encore conséquent, car certaines TPE ne sont pas convaincues du bien-fondé de la démarche, mais que la pédagogie n'est pas vaine.

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« Aujourd'hui, le numérique est une composante essentielle de la vie de l'entreprise. Reste à savoir comment transformer cette énergie en levier de croissance. Les entreprises françaises, particulièrement les plus petites, restent timides dans l'usage qu'elles font de ces outils. »

Ignorant parfois qu'ils sont la porte ouverte à de nouveaux marchés, à de nouveaux axes de développement. À l'UPE06, il a été décidé d'aider à « l'implémentation d'une stratégie digitale dans les secteurs traditionnels et à structurer des formations visant à permettre aux entreprises d'acquérir les compétences digitales nécessaires au développement de leur activité », poursuit Claire Peradotto. « Certains partent d'une feuille blanche, d'autres ont déjà un historique », résume André Labat, l'autre coprésident de la commission, faisant notamment référence aux digital natives.

« C'est une question de génération, et non d'outils. C'est un véritable changement de mentalité. Il existe de vrais enjeux pour nos industries et nos services. »

Aux applis, citoyens !

Dans le modèle de ville intelligente, les services au citoyen figurent parmi les applications les plus attendues du numérique. Testé dans un premier lieu - le centre commercial Nice Étoile, situé au cœur de la métropole niçoise - dès 2013, le dispositif Spot Mairie a pour vocation d'éviter le déplacement des administrés en mairie pour toutes les démarches administratives aussi simples que les inscriptions sur les listes électorales ; le dépôt de demandes d'actes de naissance ou de mariage ; le recensement des jeunes ; l'accès aux informations sur les installations sportives, culturelles... Mis au point avec Cisco, ce Spot prend la forme d'une cabine à l'intérieur de laquelle la connexion se fait, par écran interposé, avec un agent disponible pour traiter les demandes et conseiller. Face au succès de l'opération, Spot Mairie s'est ainsi installé dans un autre centre commercial, à l'est de la ville.

À Marseille, Daniel Sperling, l'adjoint en charge du numérique, se plaît à rappeler que plus de 1. 000 tags NFC sont disposés sur les bâtiments remarquables, les équipements sportifs et les Abribus de la cité phocéenne. Que pour régler son stationnement, il y a Timo : cette application mise au point par la société SAGS offre, depuis 2015, la possibilité de payer via un smartphone et rappelle l'heure de fin de l'autorisation de stationnement. Et que Marseille est « l'épicentre de la connectivité reliant l'Europe du Sud, l'Asie, l'Afrique et le Moyen-Orient en termes d'infrastructures de câblage sous-marin ».

Destruction créatrice

Nice n'est pas en reste avec son Monitoring urbain et l'Imredd, l'Institut méditerranéen du risque, de l'environnement et du développement durable, qui sert de plateforme collaborative entre industriels et startups. Une extraordinaire ville intelligente, donc, que le numérique dote de superpouvoirs. Pour autant, tout n'est pas toujours perçu de manière positive. Parce qu'il a bouleversé des champs d'activité, le numérique est aussi pointé comme un élément destructeur, notamment d'emplois. Une accusation que réfute l'économiste Nicolas Bouzou, qui préfère évoquer la « destruction créatrice ». Le dirigeant du cabinet Asterès, très présent à Marseille et qui vient d'éditer L'Innovation sauvera le monde, assure que « c'est le début de la révolution » et qu'il faut s'y attendre, le phénomène s'accélère. Que de nouveaux métiers, mais aussi des emplois peu qualifiés, émergent. Qu'il faut savoir mêler grandes entreprises et pépites, et que l'esprit des secondes doit inspirer les premières. Ou comment la « smart attitude » sert la stratégie... et la croissance.

Laurence Bottero

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