Feu Vert : vers une vente imminente ?

Denis Lafay
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« La société n'est pas à vendre », claque fermement Paul Costa de Beauregard, directeur général délégué de Qualium Investissement, son actionnaire majoritaire. En réalité pourtant, ce n'est plus qu'une question de mois, voire même de semaines : le groupe Feu Vert devrait prochainement changer de main. Exit alors la filiale de la Caisse des dépôts et détentrice de 60 % du capital du holding de tête Financière Cofidim (couvrant les activités France de Feu Vert SAS, les filiales espagnole, portugaise et polonaise, Mondial pare-brise, et la société de négoce d'accessoires Impex), et place à un industriel ou un nouveau fonds séduits par une enseigne dont l'histoire récente est emblématique des vertus... et des vices caractéristiques des LBO (Leverage Buy-Out, dispositif de financement par endettement bancaire).
La société de 7 500 collaborateurs (franchises comprises, à hauteur de 2 800 salariés) et 830 millions d'euros de chiffre d'affaires consolidé sise à Écully, dans la banlieue lyonnaise, s'apprête en effet - et enfin, après deux années d'atermoiements - à ouvrir un nouveau chapitre de son histoire. Une histoire quarantenaire longtemps dominée par la seule logique industrielle et expansionniste puis, à partir de 2007 et de manière exacerbée cinq ans plus tard, par des exigences financières qui ont peu à peu teinté l'ADN d'une nouvelle coloration aux manifestations ambivalentes.
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C'est en 1972 qu'André Arcan pose la première pierre d'un réseau de distribution d'équipements automobiles, auquel sept ans plus tard il commence d'agréger des prestations de réparation rapide. Ainsi naissent les centres autos, désormais au nombre de 310 en France et de 118 à l'étranger, sous statuts sensiblement équivalents de succursales (40 %) et de franchises (60 %). En 1989, le groupe Monnoyeur, représentant la marque Caterpillar dans l'Hexagone et une partie de l'Europe et du Maghreb et désireux de diversifier une activité vassalisée à d'importantes fluctuations, acquiert Feu Vert. S'ensuivent près de deux décennies d'importants développements, non seulement dans la péninsule ibérique mais aussi en France, au gré du rachat successif des centres autos Casino (en 1998, 52 points de vente) puis Carrefour (2002, 54 sites), et aussi en 2000 d'une majorité du capital de la société Mondial pare-brise.
Denis Lafay
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