Vers des data centers zéro carbone à toute heure

Google s’est fixé des objectifs ambitieux pour réduire l’impact environnemental de ses centres de données : il vise à les alimenter, à l’horizon 2030, en énergie sans émissions de CO2, et ce à toute heure. Pour y parvenir, l’entreprise de la tech s’appuie sur l’expertise de l’énergéticien Engie pour mettre en place des approches innovantes dans une logique d’économie circulaire. Retrouvez Le Réveil Digital d’Engie « Les géants du web passent au vert », diffusé le 24 juin sur latribune.fr.

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Ils se positionnent désormais comme fers de lance de l'énergie décarbonée. Les géants de la tech, dont les data centers peuvent s'avérer gourmands en énergie, affichent désormais des stratégies de plus en plus ambitieuses en matière d'empreinte environnementale. C'est le cas notamment de Google qui a annoncé en septembre dernier une nouvelle feuille de route en la matière. « Nous sommes neutres en carbone depuis 2007. Depuis 2017, nous achetons autant d'électricité issue d'énergies renouvelables que nous en consommons. Désormais, notre objectif est que d'ici à 2030 nos data centers tournent 24h/24 et 7 jours/7, à toute heure, à partir de sources d'énergies totalement décarbonées », déclare Marc Oman, responsable senior Europe, énergie et infrastructure de Google.

Pour y parvenir, le géant du web s'allie avec des énergéticiens de premier plan tel qu'Engie. Celui-ci fournit à Google plusieurs niveaux d'expertise sur son chemin vers le zéro carbone. « Nous aidons les géants comme Google, à concevoir les data centers les plus frugaux possibles. Une fois ce data center mis en place, nous l'alimentons en énergie verte. Enfin, nous pouvons récupérer l'énergie résiduelle pour la réinjecter dans les réseaux de chaud et de froid et faire en sorte que, sur un circuit court, ce data center puisse, par exemple, chauffer un hôpital ou des logements à proximité », explique Yves Le Gélard, directeur général adjoint en charge du digital et des systèmes d'information du groupe Engie.

Hydrogène, batteries, algorithmes... les solutions d'avenir

Main dans la main, les deux groupes repoussent ainsi les frontières de la technologie pour trouver des solutions d'avenir. « Il est bien plus compliqué de faire une mesure par heure que par an. Ce que vise Google est beaucoup plus ambitieux que ce que nos clients les plus exigeants nous demandent », estime Yves Le Gélard. Une manière de se pousser mutuellement vers le haut... L'un des enjeux est d'assurer la continuité de l'alimentation lorsqu'il n'y a pas de vent ni de soleil. Parmi les technologies qui pourront pallier cette intermittence : les batteries ou encore l'hydrogène. « Un data center ne peut pas se permettre d'avoir une interruption d'alimentation. Historiquement, ce sont des groupes électrogènes fondés sur le diesel qui permettaient de prendre le relais », indique Yves Le Gélard. Désormais, « nous commençons à travailler sur les technologies autour de l'hydrogène pour graduellement remplacer ces équipements qui, par ailleurs, ne servaient quasiment jamais. Cet hydrogène proviendra lui aussi d'une production renouvelable », avance-t-il.

Google, de son côté, planche également sur des solutions innovantes. « Nous avons un algorithme qui attribue la charge de travail à nos différents data centers à travers le monde », confie Marc Oman. « Puisque nous avons aujourd'hui des données fines sur la météo et les taux d'électricité décarbonée dans les réseaux, nous avons posé un défi à nos ingénieurs : comment moduler la charge et les opérations de calculs informatiques dans des data centers en fonction du signal carbone, en privilégiant ceux qui sont verts sur  ceux qui ne le sont pas encore », décrypte-t-il.

« Green IT », moteur de la transition écologique

Une collaboration que Claire Tutenuit, déléguée générale de l'association Entreprises pour l'Environnement (EpE), qualifie de « pionnière ». « Cela montre que le défi est possible à relever, avec d'un côté un client qui se fixe une barre haute et les équipes d'ingénieurs qui œuvrent pour la franchir ». L'association qu'elle dirige et qui fédère une cinquantaine de grandes entreprises - Engie en est membre fondateur - a récemment lancé une commission pour réfléchir aux stratégies de réduction de l'empreinte environnementale du numérique dans une approche de « green IT », tout en misant sur le digital comme moteur de la transition écologique. « La commission travaille avec les directions de développement durable et les DSI pour apporter des réponses à ces questions », précise Claire Tutenuit. Pour elle, « la logique de collectif est aujourd'hui l'une des clés pour décarboner la société et l'économie ». Et l'écrivain et économiste Erik Orsenna de conclure : « Il n'y a pas de transition énergétique sans numérique et pas d'avancée de transition numérique sans l'appui de l'énergie ».

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