Le projet de vente de France Télévisions Publicité à Courbit et Publicis continue de poser problème

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Pour le ministre de la culture Frédéric Mitterrand, la vente de la régie publicitaire de France Télévisions au producteur Stéphane Courbit pose un "problème déontologique". Ce dernier, en tandem avec Publicis, est entré le 3 février dernier en négociations exclusives.

Cela fait près de deux mois que France Télévisions Publicité (FTP) est en négociations exclusives avec la société de production de Stéphane Courbit, associé dans ce projet de rachat à Publicis. Or, Frédéric Mitterrand a admis ce lundi que cette perspective de reprise lui posait "un problème déontologique". A moins que les repreneurs potentiels "changent le périmètre de leur activité. Ils ne peuvent pas être juge et partie", a-t-il déclaré lors d'un déjeuner avec l'Association des journalistes médias (AJM).

Avant lui, syndicats, hommes politiques, professionnels du secteur publicitaire et producteurs audiovisuels ont dénoncé les conflits d'intérêts. Pour la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) et de la Société civile des auteurs multimédias (Scam), "les acquéreurs ont déjà des positions établies dans la production audiovisuelle et dans l'achat d'espaces publicitaires".

En effet, Stéphane Courbit contrôle notamment la société de production de Nagui, animateur de France 2 et France 4. Ce n'est pas tout. Alain Minc, conseiller de Courbit, détiendrait, selon le site Médiapart, également des parts dans la holding du producteur tout en ayant soufflé à Nicolas Sarkozy l'idée de supprimer la publicité à France Télévisions.

Quant à Publicis, une partie de son activité consiste à acheter de l'espace publicitaire (Zenith Optimédia). Or, avec FTP, il deviendrait actionnaire d'une société qui vend de l'espace publicitaire.... Mais ce risque aurait été écarté en considérant que le chiffre d'affaires de la régie avec le groupe Publicis est inférieur à 15%. De plus, le groupe publicitaire a prévu de ne détenir que 40% de la société commune qu'il devrait détenir avec Courbit, contre 60% pour ce dernier.

FTP commercialise les espaces publicitaires et le parrainage des chaînes de l'audiovisuel public ainsi qu'un portefeuille de médias indépendants (Discovery Channel, FoxLife, Euronews, TV5 Monde).

"On est dans une situation a priori mal aisée à résoudre", a ajouté le ministre.

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Commentaires
a écrit le 30/03/2010 à 12:11 :
Frédéric Mitterrand a raison de soulever ces problèmes de déontologie, même si son intervention est bien tardive. Les conflits d'intérêts potentiels résultant de la cession de la régie publicitaire de FT étaient prévisibles dès l'origine d'un projet conçu dans la hâte après l'annonce surprise de Nicolas Sarkozy, fin 2008, de la suppression de la publicité sur les chaînes publiques. Que va-t-il se passer si l'offre de Courbit/Publicis était finalement écartée ? Le gouvernement va-t-il demander à FT de reprendre les négociations avec d'autres candidats ou le projet sera-t-il abandonné ou, pour sauver les apparences, ajourné, et connaître le même sort que la taxe carbone ? C'est probable. La Commission européenne en avait déjà compromis la réalisation en rejetant la taxe de 0,9% qui aurait frappé les opérateurs de téléphonie mobile, avec laquelle le gouvernement espérait compenser la perte en recettes publicitaires. Et, comme le déficit budgétaire de l'Etat atteint déjà plus de 8% du PIB, le gouvernement va recourir à une augmentation de la redevance. Quelle que soit la décision qui sera finalement prise, la réforme voulue aura été marquée au sceau de l'improvisation et de l'incohérence.
a écrit le 29/03/2010 à 13:42 :
"Mais ce risque aurait été écarté en considérant que le chiffre d'affaires de la régie avec le groupe Publicis est inférieur à 15%"
Je trouve que vous y allez fort, comme si 15 % n'était pas un chiffre significatif !
Publicis vendeur et acheteur à la fois c'était franchement impossible à mettre en place sur le plan de la déontologie, c'est bien qu'on renonce à cette idée.

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