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Selon Jean Rottner, maire (UMP) de Mulhouse, la candidature pour le label French Tech représente « une source de nouvelles perspectives transfrontalières »
pour l'agglomération menacée par la désindustrialisation dans ses secteurs traditionnels, l'automobile et le textile. Le travail commencé cet été avec la communauté urbaine de Strasbourg, son partenaire dans le pôle métropolitain qui instruit le dossier régional French Tech, porte « au-delà d'une réflexion locale sur l'économie numérique »,
souligne Jean Rottner. Dans ce pôle, né en décembre 2011 et présidé par le strasbourgeois Robert Herrmann (PS), la collaboration économique est encore au stade des balbutiements. L'opportunité numérique arrive au bon moment, après les élections municipales de mars 2014, pour écarter le syndrome de la coquille vide.
Mais le potentiel de l'économie numérique alsacienne est ailleurs. Rhénatic, réseau régional de 120 PME du secteur numérique, a déjà tissé des liens avec ses homologues bâlois. Ces derniers veulent s'inspirer des réussites des start-up alsaciennes connectées au pôle de compétitivité des sciences de la vie.
Regroupées sous la bannière associative Alsace Digitale, une quarantaine de start-up strasbourgeoises regardent, elles aussi, de l'autre côté du Rhin. Elles viennent d'organiser avec leurs homologues allemands du Black Forest Accelerator une rencontre consacrée à l'échange de bonnes pratiques : levées de fonds, business, animation de réseaux. Un week-end dont Stéphane Becker, l'animateur strasbourgeois, est revenu enthousiaste : il rêve de doubler la surface du plateau de travail collaboratif (300 m2) dont il assure la gestion depuis deux ans.
Ce lieu sera baptisé KM0, ou kilomètre zéro, en référence à la première ligne de chemin de fer internationale qui partait de Mulhouse en 1841. Cet investissement privé, entre 8 et 10 millions d'euros, dotera Mulhouse d'une pépinière numérique très esthétique, dans l'esprit postindustriel de la Tate Modern londonienne, mais surproportionnée : les transactions annuelles, tous secteurs confondus, ne dépassent pas 23000 m2 à Mulhouse.
À Strasbourg, on a aussi choisi un ancien entrepôt pour aménager le lieu totem qui faisait défaut à l'économie numérique. La ZAC Danube, en plein centre ville, ne manque pas de friches à réaffecter au développement de l'économie. Mais la collectivité, qui en assure elle-même le financement, est plus modeste que les Mulhousiens. Dans six mois, le « Shadok » (2.000 m2) regroupera des porteurs de projets culturels, médicaux, des créateurs de jeux et de bandes dessinées. Une alchimie dont les créateurs de start-up ne comprennent pas vraiment l'enjeu.
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