Avec l’adoption massive de l’IA agentique et la pratique du « token maxxing », les entreprises font face à une flambée imprévisible de leurs coûts opérationnels. De Meta à Uber, les directions financières tentent de réguler l'usage de ces jetons IA, dont les prix unitaires pourraient augmenter.Une étrange compétition s’est installée dans les entreprises avec le déploiement de l’intelligence artificielle : le « token maxxing ». La pratique consiste pour un employé à brûler un maximum de tokens, autrement dit des jetons IA, afin de prouver sa productivité.
Si cette pratique était jusqu’ici valorisée, les entreprises ont fait volte-face au moment de recevoir la facture. C’est le cas de Meta (Facebook, Instagram) qui, après avoir encouragé ses salariés à brûler du token, a finalement restreint son usage déraisonné. De son côté, Uber a indiqué avoir mis en place une limite à ses employés de 1 500 dollars de dépenses mensuelles en jetons par outil IA. L’entreprise de VTC a avoué avoir dépensé tout son budget annuel dédié aux grands modèles de langage en à peine trois mois.
Un token est une unité de base utilisée par les modèles d’IA tels que ChatGPT ou Claude pour comprendre et générer du texte. Pour donner un ordre de grandeur, un jeton est équivalent à un mot court, et deux jetons, voire plus, correspondent à un mot plus long. Or, le token n’est pas gratuit. Son prix dépend des modèles et varie de quelques dizaines de centimes par million à plusieurs dizaines d’euros par million pour les modèles les plus avancés.
Dans une organisation de plusieurs milliers de salariés, qui effectuent de nombreuses requêtes à l’IA par jour, le coût augmente rapidement. Au point que le patron de Mercor, start-up américaine spécialisée dans le recrutement, a indiqué début juin qu’il dépensait désormais davantage dans l’IA que dans les salaires de ses propres employés.