Les salariés français à la traîne dans l’adoption de l’IA

74 % des salariés sont aujourd’hui des utilisateurs réguliers de l'IA, en hausse de 23 points en seulement un an (photo d'illustration).
/FW1HFS/Sherry Jacob - REUTERS - REUTERS - Dado Ruvic

74 % des salariés sont aujourd’hui des utilisateurs réguliers de l'IA, en hausse de 23 points en seulement un an (photo d'illustration).
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Les salariés français bouderaient-ils l’intelligence artificielle (IA) ? Ils sont en tout cas un peu plus de six sur dix (62 %) à l’utiliser régulièrement – plusieurs fois par semaine – dans le cadre du travail, d’après la dernière édition de l’étude « Global AI at Work » du cabinet de conseil en stratégie BCG (Boston Consulting Group), parue ce mercredi.
C’est deux points de moins comparé à la précédente édition (64 % en 2025). Un léger recul à contre-courant du reste du monde. Au niveau international, 74 % des employés sont des usagers réguliers de l’IA, un niveau qui a bondi de 23 points en seulement un an (51 % l’année dernière).
La France s’affiche ainsi en queue de peloton des pays où les salariés ont adopté l’IA, avec l’Italie et les États-Unis, eux aussi à 62 % et en repli. Loin devant eux et en tête de classement : l’Inde (95 %) et le Moyen-Orient (93 %), sur une dynamique positive.

Cet écart important s’explique par une « différence d’état d’esprit », selon Sylvain Duranton, coauteur du rapport et directeur monde de BCG X, l’entité technologique de BCG. « La perception de l’IA est plus négative dans les pays de l’Ouest, où elle est notamment vue comme un risque, que dans ceux du Sud », développe-t-il, interrogé par La Tribune.
L’IA présente pourtant des atouts au travail. En moyenne, 42 % des salariés qui l’utilisent régulièrement estiment gagner au moins une journée de travail par semaine grâce à elle, contre cinq heures en 2025. Les Français sont deux fois moins nombreux à partager cette économie de temps (20 %). Ils se positionnent une fois encore en bas de classement.
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Reste que ce temps gagné ne se traduit pas automatiquement en valeur ajoutée. Deux tiers des salariés (66 %) déclarent avoir peu ou pas d’indication sur la manière d’utiliser ce temps libéré. Et plus de la moitié (58 %) ne le réinvestit pas dans des tâches à plus forte valeur ajoutée. « Faute de transformation adéquate, le temps économisé reste inexploité », constatent les auteurs du rapport.
Il ressort en outre que l’IA pèse sur le moral des salariés. Si 57 % à l’échelle mondiale se disent plus épanouis dans leur travail grâce à elle, 41 % indiquent qu’elle augmente leur charge mentale. « Cette situation crée un "paradoxe du bien-être" : l’IA rend le travail à la fois plus agréable et plus exigeant. » Les auteurs soulignent ce point.
L’étude de BCG relève que mettre des outils d’IA dans les mains des salariés ne suffit pas. « La clarté stratégique est plus efficace que les outils pour un impact durable », écrivent les auteurs.
Chiffres à l’appui : 80 % des salariés bénéficiant d'une stratégie claire – avec des directives pour optimiser leur temps – déclarent ressentir des impacts positifs sur leur travail, malgré un accès limité aux outils d’IA. Contre 60 % pour ceux ayant un accès étendu aux outils, mais aucune orientation.
Si certaines tâches peuvent être automatisées et remplacées par les machines, la place de l’humain reste donc cruciale. Comme il en a été par le passé lors des précédentes (r)évolutions technologiques.
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