Actual Leader Group adopte le concept américain d’Holberton School pour accélérer la formation aux métiers du numérique

 |  | 1451 mots
Lecture 8 min.
L'accord de licence conclu avec Holberton School offre à  Actual Leader Group l'exclusivité du déploiement de la licence dans les Pays de la Loire, en Ille et Vilaine, dans l'Orne, en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie. Une première promotion de quarante élèves démarrera en juin prochain à Laval.
L'accord de licence conclu avec Holberton School offre à Actual Leader Group l'exclusivité du déploiement de la licence dans les Pays de la Loire, en Ille et Vilaine, dans l'Orne, en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie. Une première promotion de quarante élèves démarrera en juin prochain à Laval. (Crédits : DR)
Pour lutter contre les tensions dans les métiers du numérique, Actual Leader Group va créer des écoles sous licence américaine Holberton School dans la moitié Ouest de l’hexagone. Une première promotion va être lancée à Laval en juin prochain, une deuxième suivra à Toulouse avant la création d’un campus dans la capitale mayennaise.

Une formation, un emploi dans les métiers du digital...c'est la promesse faite par le groupe d'intérim et de formation Actual Leader Group (430 agences en Europe - 2100 personnes) qui vient de signer un accord de licence avec l'école américaine Holberton School, spécialisée dans les métiers de l'informatique.

Pourquoi américaine ? « Parce que ce concept permet un apprentissage rapide des technologies utilisées dans les métiers d'aujourd'hui et de demain et non sur ceux d'hier. Ce type de formation habituellement dispensée en trois ou quatre ans est ici concentré en douze ou dix-huit mois. Grâce au développement d'une plateforme intégrant l'Intelligence Artificielle, cette formation permet d'être agile et réactif dans un monde où tout bouge, tout s'accélère et change très vite », explique Samuel Tual, Pdg d'Actual Leader Group.

85% des métiers de 2030 n'existent pas

« Or, aujourd'hui, en France, dans le secteur du numérique, 70% des postes ne sont pas pourvus par manque de compétences et 85% des métiers de 2030 n'existent pas actuellement. Il y a forcément un enjeu de formation et d'adaptation des compétences pour résoudre la problématique du chômage et de l'accès à l'emploi.  La situation est devenue extrêmement tendue et le phénomène s'accélère avec la pandémie où les entreprises prennent conscience qu'elles doivent réinventer leur modèle et se moderniser...», souligne le patron d'Actual Leader Group et président du Medef Pays de la Loire, convaincu par le concept d'Holberton School découvert lors d'une Learning Expédition dans la Silicon Valley.

Une forme d'éducation inédite, basée sur le « peer-learning »- le collaboratif- et l'apprentissage par projet, ouverte sans limite d'âge, sans professeur et pour laquelle ni connaissance préalable en codage ni diplôme ne sont requis.

« Ce sont d'abord des critères de capacités et de motivations et un apprentissage par la pratique », se félicite Samuel Tual.

signature actual leader group et holberton school

Vers un campus à Laval

Comme une franchise, l'accord conclu avec Holberton School donne à Actual Leader Group l'exclusivité du déploiement de la licence dans les Pays de la Loire, en Ille-et-Vilaine, dans l'Orne, en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie. Une première promotion de quarante élèves démarrera en juin prochain à Laval, dans l'hôtel d'entreprises innovantes La Licorne mis à disposition par l'agglomération lavalloise. Une directrice et un coach ingénieur ont été recrutés pour accompagner cette première promotion.  Une deuxième sera créée dans les prochains mois à Toulouse. Soutenu par la région des Pays de la Loire et le département à hauteur de 300.000 euros, le projet représente un investissement d'un million d'euros pour Actual Leader Group qui ambitionne de créer un campus Holberton School à Laval d'ici trois ans. Un investissement de 7 à 8 millions qui sera entériné selon l'accueil reçu par la formation.

D'une durée de douze ou dix-huit mois, selon les options choisies, le cursus sera accessible à partir d'une simple inscription et de tests en ligne. Des tests poussés, entièrement automatisés, qui peuvent durer 10 à 30 heures et s'étaler sur deux semaines où les capacités d'apprentissage des candidats sont mises à rude épreuve.  Dès lors, l'entrée dans l'école se fait par ordre d'arrivée pour des périodes d'un an (tronc commun vers les métiers de l'informatique) ou deux ans (spécialisation vers l'IA, la réalité virtuelle, le web, la blockchain... ). En Mayenne, où la capacité d'accueil est de 200 personnes, trois promotions auront lieu chaque année, en juin, septembre et janvier.

Combler les manques de compétences

  « Le principe, c'est d'apprendre à apprendre à apprendre. Il n'y a ni prof ni cours. Le staff, c'est un ingénieur qui pousse les étudiants à aller chercher l'info vers des ressources en ligne. Il les challenge pour développer leur sens critique dans un monde de Fake News où circulent énormément de reponses fausses ou incomplètes. L'objectif, c'est de trouver une solution au projet de la journée ou de la semaine dans un contexte de peer-learning ouvert à l'ensemble de nos étudiants. Ils sont en fait dans une grande école internationale. L'idée, c'est qu'ils essaient de trouver la solution seuls, avant de s'adresser au groupe puis à l'ingénieur. Le staff doit être le dernier recours pour aller sur la bonne piste», explique Julien Barbier co-fondateur d'Holberton School à San Francisco en 2016.

A l'époque, le jeune français venu dans la Silicon Valley revend son entreprise de e-commerce à une société anglaise et intègre Docker, pour développer ce spécialiste du logiciel libre. En trois ans, la startup est valorisée à hauteur d'un milliard de dollars.

« L'idée d'Holberton est venue du constat que si la Silicon Valley ne manquait pas d'idées, elle manquait, en revanche, de compétences informatiques pour "scaler" les entreprises. On avait des gens qui avaient investi dans des crédits pour de la formation sans savoir programmer au final et des entreprises en mal de compétences », dit-il.

En 2016, il s'associe à, un autre français, Sylvain Kalache, lui passé chez Linkedin confronté aux mêmes problématiques, pour fonder Holberton, une école ouverte à tous, quel que soit l'âge, et pas seulement, des personnes issues de l'univers de la tech.

« Nous sommes entrés dans la quatrième révolution industrielle où l'économie et les métiers doivent avancent à la même vitesse que la tech. Or, à partir du moment où l'on entre à l'université, on n'est pas sûr du métier qui sera recherché à la sortie. De plus, les gens doivent se reformer à une vitesse bien plus grande durant leur carrière. Nous sommes passés d'une époque où il fallait apprendre beaucoup de choses qui devaient nous servir pendant toute notre carrière, à une période d'incertitude , où le «apprendre à apprendre » est devenu, pour nous, une priorité », observe Julien Barbier. « Alors, nous nous sommes dit que si nous arrivions à le faire au cœur de la Silicon Valley, ça devrait pouvoir fonctionner ailleurs », estime le duo diplômé des écoles d'informatique Epitech et de Sup Info.

julien barbier et sylvain Kalache - holberton school

Trois pays européens d'ici à l'année prochaine

En cinq ans, Holberton School a levé quinze millions de dollars auprès de fonds d'investissement pour mettre au point son process, développé un outil piloté par l'IA capable d'assurer un accompagnement intelligent et a essaimé dix-huit écoles physiques et en ligne en Asie, aux Etats-Unis, en Afrique. Holberton School comptait 2000 étudiants en janvier et estime atteindre un effectif de 5000 étudiants fin 2021.

Aux Etats-Unis et en Colombie où des cycles complets ont été effectués, « tous ceux qui ont fini la deuxième année et 85% de ceux ayant achevé la première année ont trouvé un emploi à temps plein», indique Julien Cyr, directeur des opérations, chez Holberton School, qui a engagé des discussions pour ouvrir des écoles dans trois pays européens d'ici à l'année prochaine « dont la France où malgré un bon système universitaire et de grandes écoles, il existe un énorme besoin en ingénierie informatique», ajoute Julien Barbier.

En septembre dernier, déjà, les fondateurs d'Holberton School ont lancé une bourse d'un million de dollars pour ouvrir une promotion entièrement en ligne et gratuite dans les Haut de France pour accompagner la sortie de crise liée à la pandémie. Une contribution patriotique autant qu'un ballon d'essai sur le territoire national, qui a profité à 50% de gens en reconversion et 50% de primo-accédants aux études.

Entre 8.000 et 12.000 euros la formation

« D'une moyenne d'âge de 30 ans, cette promotion a réalisé les meilleurs scores mondiaux », constate Julien Barbier.

Le coût de la formation s'élève de 8.000 à 12.000 euros, selon les cursus choisis. A défaut de pouvoir dupliquer les dispositifs de financements déployés aux USA où l'école se rémunère sur les premiers salaires, et pour limiter les freins financiers à l'entrée, Actual Leader Group dit être en cours de négociation avec un organisme bancaire pour mettre en œuvre un système de financement différent des prêts étudiants.

« On va plus loin, avec une solution qui offre non seulement un différé mais aussi des modalités de remboursement, calculées sur le montant des revenus après l'accès à l'emploi », esquisse Samuel Tual, qui cherche, aussi, à faire de ce parcours innovant, une formation qualifiante inscrite au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP) au même titre qu'une équivalence de type VAE. « Même si pour moi, la principale reconnaissance, c'est l'emploi derrière», ajoute-t-il.

Lire aussi : Holberton School : un bout de la Silicon Valley débarque à Toulouse

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 15/03/2021 à 14:47 :
Si on veut dans le futur disposer d'informaticiens, mais aussi de petites mains à l'aise face à l'usage de l'informatique (dont excel, lol!) l'appprentissage des maths dès le cm 1 doit comporter à égalité le tirage de lignes de codes à but semi récréatifs serpents fusées et autres, que arithmétique, géomêtrie en primaire puis algêbre en 6 ème mais la dans le secondaire devenir bien plus sérieux et une valeur essentielle au bac.
Et même un choix possible en scientifique, science de l'informatique ou maths.
L'informatique n'étant pas antigoniste de la littérature classique et des langues même pas une option, intégré au diplôme.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :