Hewlett-Packard veut passer du PC aux logiciels en s'offrant Autonomy

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Hewlett-Packard a fait une offre de rachat jeudi sur l'éditeur britannique de logiciels Autonomy et a évoqué la possible scission du groupe avec sa branche de PC. Du coup, le titre de la société convoitée s'est envolé de 75%, ce vendredi matin.

Hewlett-Packard se recentre dans le secteur du logiciel. HP a proposé de racheter toutes les actions en circulation  de l'éditeur de logiciels britannique d'Autonomy au prix de 42,11 dollars par titre pour une transaction totale de 10,3 milliards de dollars (7,1 milliards d'euros). Il a également annoncé l'abandon de sa tablette TouchPad qui n'a pas eu le succès escompté.

HP veut également se séparer de sa branche PC. Le groupe entrevoit  une possible scission avec sa branche PC, confrontée à une faible croissance et à des marges basses. Il s'agit de l'une des plus grandes divisions de HP mais également l'une des moins rentables du groupe.

Le constructeur américain a par ailleurs annoncé un peu plus tôt que prévu un chiffre d'affaires en hausse pour le troisième trimestre à 31,2 milliards de dollars (2,17 milliards d'euros) contre 30,7 milliards de dollars un an auparavant, conformément aux attentes de Wall Street.

Les perspectives du groupe ne s'améliorent pas. Le groupe a abaissé sa prévision annuelle pour la troisième fois consécutive. Il table désormais sur un chiffre d'affaires annuel compris entre 127,2 et 127,6 milliards de dollars, contre une précédente estimation comprise entre 129 et 130 milliards de dollars. La prévision de bénéfice par action a également été abaissée, avec une fourchette allant de 3,59 à 3,70 dollars contre une prévision précédente à au moins 4,27 dollars.

Le titre HP, qui a clôturé en baisse de 6%, reculait de 2,1% après fermeture des Bourses à Wall Street.

Le titre Autonomy s'envole de 75% après l'offre de HP

L?annonce de l?offre de HP a fait réagir les investisseurs. Le titre Autonomy ce vendredi après une heure de cotation à la Bourse de Londres était en nette hausse. Du coup, le cours de l'action de l'éditeur de logiciels s'est aligné sur le prix proposé la veille par Hewlett-Packard pour le rachat du groupe britannique.

Vers 8h10 GMT, l'action Autonomy avançait de 75,02% à 25,01 livres, entraînant avec lui l'indice regroupant les valeurs technologiques (+1,0%), le seul en hausse alors que les marchés d'actions connaissent une nouvelle déroute. Converti en dollars, le cours de l'action à 25 livres sterling représente 41,3 dollars, soit un peu plus que les 41 dollars mis sur la table par Hewlett-Packard.

"Avec les quelques entreprises qui ont les moyens de financer une grosse opération comme Autonomy, le marché pourrait porter son attention sur une contre-offre après celle de HP", soulignent dans une note les analystes de Morgan Stanley.

Pour dépasser le prix proposé par HP, l'action Autonomy doit afficher un gain de près de 79% par rapport à son cours de clôture de jeudi.

Au total, l'offre du géant américain de l'informatique valorise Autonomy, dont les logiciels permettent d'organiser des données non structurées, comme par exemple les e-mails, à 11,7 milliards de dollars (7,1 milliards d'euros).

Le groupe britannique, basé à Cambridge, compte notamment Procter & Gamble comme client. Selon Tim Daniels, analyste spécialisé dans les technologies, les médias et les télécoms chez Olivetree Securities, 80% des données circulant sur internet sont "non structurées". En plus des e-mails, les photos et les images vidéo entrent également dans cette catégorie.

Le projet d'acquisition de Hewlett-Packard, qui songe à se défaire, comme l'avait fait IBM il y a quelques années, de son activité de fabrication d'ordinateurs, intervient quelques jours après l'offre de Google sur Motorola Mobility. Ces deux annonces d'acquisition pourraient être suivies d'autres, estiment les analystes financiers, tous les grands noms de l'informatique voulant se renforcer dans les logiciels et les services.

D'après Rajeev Bahl, analyste chez Matrix, le groupe de services informatiques Micro Focus et l'éditeur de logiciels suisse Temenos , spécialisé dans le secteur bancaire, pourraient être les prochaines cibles. Le titre Micro Focus avançait de 1,10% à 256,8 pence et Temenos prenait 5,07% à 14,50 francs suisses. Parmi les autres progressions du secteur figurent le concepteur britannique de puces ARM Holdings (+3,11%) et l'éditeur allemand de logiciels Software (+3,99%).

Les géants américains de la technologie disposent tous d'une abondante trésorerie et peuvent donc assez facilement financer de grosses acquisitions.

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Commentaires
a écrit le 19/08/2011 à 13:47 :
Il semble que les acteurs américains de l'informatique sortent du bois avec un certain retard, plus que de l'hésitation et que l'exécution des stratégies ait du mal à s'opérer rapidement. Ils ont pourtant les logiciels pour y parvenir. Ils sont pourtant déjà dépassés par Samsung désormais numéro un du digital sous toutes ses formes. Google n'a pas été en mesure d'acheter en totalité Motorola dont la cohérence avec les développements futurs du marché, passage obligé, sont évidents. N'a-t-il pas voulu lâcher ses 39 milliards de dollars de liquidité dans un seul deal ? Pour sa part HP va chercher en Europe des resources techniques qui semblent lui manquer et d'autres comme IBM hésitent eux aussi à lancer une opération d'importance. Le doute est l'ennemi de l'action dit l'investisseur.

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