Cyber-attaque : et maintenant le piratage des GPS

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Une équipe d'étudiants-ingénieurs américains sont parvenus à pirater le signal GPS d'un yacht en pleine mer. Son capitaine ne s'est aperçu de rien puisque les autres instruments de navigation ont délivré des informations cohérentes avec celles transmises par le système GPS.

Le scénario du prochain James Bond ? Non, une expérience d'étudiants texans pour repousser encore les limites du hacking. L'équipe d'étudiants de l'école d'ingénieurs Cockrell d'Austin, dans le Texas, a réussi à détourner un yacht en pleine mer simplement en piratant son système GPS. Pour mener à bien leur expérience, ils se sont installés à bord du yacht reliant Monaco à l'île de Rhodes en Grèce avec l'accord du propriétaire.

Les instruments de navigation sont restés cohérents avec le GPS

Les ingénieurs ont réussi à prendre le contrôle du signal du GPS et lui imposer une série d'informations complètement factices. De son côté, le capitaine du yacht a continué à se fier aux indications de son GPS d'autant que les autres instruments de navigation sont restés cohérents avec l'instrument. "Nous nous sommes assurés que le brouillage des signaux originaux soit parfait et dans le même temps que l'émission de nos signaux soit perçue parfaitement par les outils de navigation du bateau", explique Tod Humphrey, responsable de l'équipe dans une vidéo. La réalité de l'expérience est toutefois altérée par le fait que l'équipe était à bord du yacht. Les étudiants assurent néanmoins que toute l'expérience s'est effectuée "wireless" (sans câble) et qu'elle est reproductible sur une distance de 2 à 3 kilomètres.

>> Cyberdéfense : comment la France se protège

Cette expérience montre que le hacking ne se limite plus à du piratage de disque dur mais peut désormais avoir une incidence sur des objets "en dur". L'année dernière, des experts avaient démontré qu'il était possible par une attaque informatique sophistiquée d'augmenter la rotation de centrifugeuses de centrales nucléaires au point de les endommager très sérieusement. D'autres spécialistes de la cyberdéfense estiment qu'une équipe de hackers peut clouer au sol une flotte d'avions simplement en désactivant le système de communication d'une tour de contrôle.

 

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Commentaires
a écrit le 01/08/2013 à 12:48 :
Comme quoi, un compas, une règle de Cras, de bonnes cartes et les instructions nautiques à portée de main restent des valeurs sûres. Ajoutons à la panoplie une bonne montre, un baromètre et un loch, nous voici parés pour faire le tour du monde. Le reste est affaire d'expérience du capitaine...Sans GPS et avec seulement les instruments ci-dessus, le Costa Concordia n'aurait jamais fini sur les rochers, un capitaine responsable ne frôle pas les côtes. Le dicton "Si tu veux devenir un vieux marin, arrondi les caps et salue les grains" vaut tous les GPS du monde.
a écrit le 01/08/2013 à 12:33 :
par curiosité j'avais un GPS il y a 15 ans, j?étais dans le port de la Turballe, suivant la position indiquée j?étais à 300 mètres (sur terre) du port.... bref , j'ai remis le truc dans son emballage ! repris ma règle cras !
a écrit le 01/08/2013 à 10:52 :
règle cras ... à l?épreuve de tous les virus .... j'y reste habitué !
a écrit le 01/08/2013 à 0:17 :
De mon temps (années 70) on naviguait à l'estime, au loch à corde à noeuds, à l'oreille (balises) et au gonio. Calcul des marées avec l'almanach du marin breton...
a écrit le 31/07/2013 à 23:41 :
. Les satellites qui fournissent les données aux GPS peuvent etre réglés depuis la terre pour brider leur précision ( elle est différente entre applications civiles et militaires) mais on peut très bien aussi leur appliquer un déphasage dans la transmission des données qui modifie la position calculée. Seul le propriétaire du réseau peut compenser, les autres recueillent des données fausses. Ce n'est pas pour rien qu'Européens, Russes, Chinois etc lancent leurs propres satellites de positionnement face au système américain en monopole depuis des années.
a écrit le 31/07/2013 à 22:10 :
Devoir se trouver à 2 ou 3 km de distance est assez limitant comme utilisation...
a écrit le 31/07/2013 à 18:37 :
Heuh... on peut émettre des doutes ? Qu'il soit possible de bidouiller des données distribuées par un serveur à bord (cohérence des erreurs), OK. Mais un bête GPS (style 100EUR), non relié à un quelconque réseau (il n'y a pas d'"échanges" entre les satellites et le récepteur), on ne voit pas bien comment il serait possible de modifier ses processus internes pour qu'il délivre des résultats faux...
Réponse de le 31/07/2013 à 19:27 :
"on ne voit pas bien comment il serait possible de modifier ses processus internes pour qu'il délivre des résultats faux..." : En envoyant au récepteur des signaux GPS bidons?
Réponse de le 01/08/2013 à 0:23 :
Pour tester les GPS, il existe des générateurs de signaux à cet effet, il y a des chances qu'il soit parti d'un tel matériel pour leur projet. Un GPS (ou GLONASS ou Galileo, etc) n'est finalement qu'un récepteur radio, si on lui change le signal qu'il reçoit, il donnera des informations en conséquence. Une autre possibilité c'est de générer de faux signaux WAAS ou EGNOS, ce sont des systèmes sensés aider à améliorer le récepteur GPS en lui fournissant des informations supplémentaires pour corriger les défauts de réception, on peut supposer qu'on peut au contraire les utiliser pour enfumer le GPS... Quoi qu'il en soit il est dommage que l'article ne donne le résultat concret de ce qu'ils ont fait, à savoir de quelle distance a dérivé le bateau par rapport à la route que pensait suivre le capitaine. Il est aussi certain que ce genre "d'exploit" a du être déjà être testé par les militaires, ca peut leur permettre d?arraisonner plus facilement un bateau.

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