« Il commence à sauver des vies », assurent ses concepteurs. Moins de deux ans après son lancement, le défibrillateur mis au point par la startup parisienne Lifeaz à destination des particuliers, se ménage une place dans les foyers français à côté des alarmes. Fabriqué à Honfleur, sa production monte en cadence. Pour rappel, en France, de 40.000 à 50.000 personnes meurent prématurément d'un arrêt cardiaque, lequel survient le plus souvent dans la sphère privée.Le Massachussets Institute of Technology avait vu juste. En 2017, le très réputé MIT classait les fondateurs de Lifeaz parmi les dix jeunes innovateurs français les plus prometteurs pour leur invention : un défibrillateur automatique et connecté, le premier au monde spécifiquement conçu pour les particuliers. Quatre ans plus tard, le Clark (à ne pas confondre avec l'engin de manutention éponyme) peut se vanter d'une entrée sans faute sur un marché historiquement trusté par des multinationales américaines.
Depuis son lancement en novembre 2020 en pleine crise sanitaire, il s'en est écoulé plus de 4.000 exemplaires dans l'Hexagone : la moitié auprès de particuliers, l'autre auprès d'entreprises, de copropriétés, de cabinets médicaux ou d'établissements publics. Et le rythme ne faiblit pas. « Nous connaissons une très forte accélération. Entre novembre et mars, nous avons quasiment doublé les ventes, qui atteignent maintenant plusieurs centaines d'exemplaires par mois », affirme Johann Kalchman, PDG et co-fondateur de Lifeaz (50 salariés aujourd'hui et 20 recrutements à venir).
Bottes secrètes : maintenance à distance et facilité d'utilisation
Entièrement produit à Honfleur chez le fabricant de cartes électroniques Alliansys spécialisé dans les dispositifs médicaux, le Clark est vendu 990 euros ou loué une trentaine d'euros par mois dans sa version la plus simple. Il se présente sous la forme d'un petit boîtier transportable. Sa botte secrète réside dans sa connectivité. Là où les modèles existants requièrent le déplacement d'un technicien, son suivi est assuré à distance au moyen d'un autotest quotidien. A la clef, un allègement des coûts de maintenance qui le rend accessible à un public plus large.
Il se distingue également par sa simplicité d'utilisation. Pourvu d'une commande vocale bilingue (français-anglais), il guide pas à pas l'utilisateur pour la pose des électrodes, analyse le rythme cardiaque et décide lui-même s'il convient ou non de délivrer un choc électrique. De quoi démocratiser son usage, ce qui est précisément l'effet recherché par la jeune entreprise. « Les familles l'adoptent un peu comme ils s'équipent d'une alarme incendie ou font appel à une assurance. C'est une bonne chose quand on sait que la majorité des arrêts cardiaque survient dans la sphère privée », se félicite son PDG.