Dans la tech, "un travail de longue haleine" pour féminiser les startups et les fonds
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Déborah Loye, la directrice générale de Sista.
Sista
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Déborah Loye, la directrice générale de Sista.
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LA TRIBUNE - Le baromètre 2021 montre un quasi statu-quo dans le financement des startups dirigées par des femmes. En revanche il y a une petite progression de la mixité dans la création de startups. Y voyez-vous un mouvement de fond ?
DEBORAH LOYE - En 2020 la part des startups fondées par des femmes ou une équipe mixte est de 21%, soit 4 points de plus que l'an dernier. Cette progression non négligeable est d'ailleurs fortement tirée par les équipes mixtes. C'est un signal très positif, qui montre que les femmes sont bien là, contrairement à ce que certains disent, et qu'elles hésitent de moins en moins à monter leur startup. Même s'il faudra le vérifier les prochaines années, je vois dans cette accélération une tendance de fond. Depuis deux ans, l'écosystème français prend véritablement conscience de la sous-représentation des femmes dans la tech. Les nombreuses opérations de sensibilisation à l'entrepreneuriat féminin, menées par Sista et d'autres acteurs, ainsi que le fait de mobiliser les investisseurs sur le sujet, commencent à porter leurs fruits en cassant quelques plafonds de verre et en incitant davantage de femmes à se lancer dans l'entrepreneuriat.
L'écart entre les fonds moyens levés par les équipes masculines et féminines se réduit un peu lors des premiers tours de financement. Mais la part des startups masculines augmente : elles captent 84% des deals (+1 point) et 91% des fonds levés (+1 point)...
Oui, les investisseurs continuent de privilégier les équipes masculines en 2020. Les startups masculines continuent d'être sur-représentées dans les levées de fonds par rapport à leur poids dans l'écosystème. Les femmes entrepreneuses et les hommes investisseurs ne parlent parfois pas la même langue. Il y a encore beaucoup de travail à mener pour l'équité dans le traitement de leurs dossiers, et c'est un travail de longue haleine. Ceci dit, un engagement fort permet de faire bouger les lignes. La réduction de l'écart entre les fonds levés par les hommes et les femmes montre que la prise de conscience engendre un début de correction. Mais il ne faut pas sous-estimer le poids de l'héritage. La tech est un secteur profondément inégalitaire depuis longtemps. Ses codes, hérités de la culture geek, sont très masculins, sans compter le problème de la sur-représentation des hommes dans les écoles d'ingénieurs. Un vrai changement de culture doit s'opérer pour rendre le secteur de la tech plus attractif pour les femmes.
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