Encore des rassemblements contre ACTA ce week-end
latribune.fr (source AFP)
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Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi en Europe, principalement en Allemagne et en Autriche, contre l'Accord multilatéral sur la contrefaçon (Acta), contesté par nombre d'internautes qui le dénoncent comme "une atteinte aux libertés". Acta, signé par 22 pays de l'UE fin janvier, crée des normes internationales pour la protection de la propriété intellectuelle et des droits d'auteur. Il est dépeint par ses opposants comme une atteinte potentielle grave à la liberté d'expression et aux droits des utilisateurs d'internet.
Ils étaient 650 à Paris selon la police qui en avait dénombré un millier il y a quinze jours lors d'une précédente manifestation dans la capitale et entendent poursuivre leur mobilisation jusqu'à ce que l'accord européen Acta soit retiré. Plusieurs manifestations regroupant quelques centaines de personnes au total ont également eu lieu à Lille, Rennes, Lyon, Marseille et Toulouse.
"Partage, culture, liberté !"
A Paris, les manifestants, plutôt jeunes, masculins, portant des vêtements sombres et le masque au sourire ironique des "Anonymous" ont défilé pacifiquement au départ de la place de la Bastille en scandant des slogans tels que "Acta tu passeras pas!", "partage, culture, liberté!" ou "liberté sur internet !". La plupart ont été mobilisés via internet et par le bouche à oreille. "Cet accord prévoit des lois répressives qui font de tous les internautes des délinquants potentiels. Bien sûr il y a les droits d'auteurs et les artistes doivent être rémunérés mais ce qui risque d'arriver si les gouvernants continuent dans la même logique, c'est qu'ils soient boycottés", a estimé Frédéric Couchet, délégué général de l'association de promotion et défense du logiciel libre (April). Pour lutter contre la contrefaçon, "il faut, selon lui, revoir le système dans son ensemble et étudier toutes les possibilités sans idées préconçues négatives". "On espère qu'il ne faudra pas attendre une nouvelle génération de politiques nés avec le numérique pour qu'enfin ça se débloque !", commentait un jeune manifestant.
Les opposants à Acta étaient environ 200 à Rennes et à Toulouse, 150 à Lille, une centaine à Lyon et une cinquantaine à Marseille. Nombre portaient le masque des "Anonymous", d'autres des masques blancs ou des foulards. Plusieurs revendiquaient leur présence "en tant que simples citoyens". "On est tout à fait d'accord sur le principe de mettre en place une législation pour lutter contre la contrefaçon. Le problème, c'est que nos dirigeants voient internet comme le minitel, un système archaïque. On l'a vu avec Megaupload. Ils auront beau leur couper la tête (aux sites faisant de la contrefaçon un commerce), ils renaîtront", a estimé un jeune Marseillais.
Les "Anonymous" sont une nébuleuse composée de pirates informatiques "pacifiques" née aux Etats-Unis en 2008. Ils disent lutter "contre toute forme de censure" ou de "dictature". Leurs actions spectaculaires ont beaucoup fait parler d'eux ces derniers mois.
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4.000 manifestants en Allemagne
Plus de 4.000 personnes ont manifesté samedi en Allemagne contre l'Accord multilatéral sur la contrefaçon (Acta), contesté notamment par nombre d'internautes qui le dénoncent comme "une atteinte aux libertés", selon les médias locaux. A Munich (sud), environ 2.000 manifestants sont descendus dans les rues, selon la radio publique locale Bayerischer Rundfunk tandis qu'à Hambourg (nord), ils étaient environ 1.900. Des manifestations ont également eu lieu à Berlin où ils étaient quelque 700 devant l'Hôtel de ville, Leipzig (est) ou encore Cologne (ouest).
Le 11 février déjà, plusieurs manifestations avaient été organisées en Europe pour dénoncer les dangers de l'accord Acta. Plusieurs pays, parmi lesquels l'Allemagne, la Pologne, la République tchèque, la Bulgarie et la Lettonie, ont déjà gelé le processus de ratification.
Négocié entre l'Union européenne, les Etats-Unis, le Japon, le Canada, la Nouvelle-Zélande, l'Australie, Singapour, la Corée du Sud, le Maroc, le Mexique et la Suisse, l'Acta vise à lutter contre la contrefaçon au sens large, des médicaments et autres marchandises jusqu'au téléchargement illégal sur l'internet.
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