L'agence Bloomberg se recentre sur l'information factuelle financière

L'agence d'informations financières américaine souhaite désormais privilégier les articles courts sur l'actualité des marchés à destination des traders et des directeurs de hedge funds, rapporte le New-York Times. Le journalisme d'investigation ne sera plus sa priorité.
Le site Internet de l'agence Bloomberg / Capture d'écran.
Le site Internet de l'agence Bloomberg / Capture d'écran. (Crédits : Capture d'écran)

Dans le monde de l'actualité économique et financière, elle fait figure de référence. L'agence de presse Bloomberg, réputée pour ses articles de fond, va changer de ligne éditoriale pour privilégier les articles courts qui nécessitent moins d'enquête, rapportait le 24 novembre le New-York Times.

Propriétée du futur ex-maire de New-York, Michael Bloomberg, l'agence a été au cœur d'une polémique la semaine dernière. Dans un article paru le 17 novembre, le quotidien new-yorkais a affirmé qu'elle avait licencié Michael Forsythe, un de ses journalistes basé à Hong-Kong, pour avoir écrit un article sur un magnat chinois censuré par sa rédaction en chef.

La direction de Bloomberg, qui nie toute accusation de censure, aurait officieusement justifié cette décision en expliquant qu'elle ne voulait pas se mettre à dos la Chine et risquer de faire renvoyer tous ses journalistes basés dans le pays.

Dans un message posté sur Twitter, le rédacteur en question a confirmé qu'il quittait Bloomberg sans en expliquer les raisons :

Ce départ semble être le premier signe de la fin du journalisme d'investigation dans cette agence créée en 1990. Selon le New-York Times, ses dirigeants estiment que leurs clients souhaitent désormais lire davantage d'articles concis sur l'actualité des marchés pour prendre les bonnes décisions (achats, ventes d'actions, etc.) plutôt que des enquêtes dignes d'un prix journalistique...

Lundi 17 novembre, Bloomberg a décidé de licencier 40 journalistes, soit 2% de la masse salariale de la rédaction. L'agence souhaite réduire ses services investigation, culture et sport. "Nous devons avoir le courage de ne plus couvrir certaines rubriques pour avoir assez d'énergie dans des rubriques dans lesquelles nous voulons faire figure de référence", a récemment écrit Matthew Winkler, son rédacteur en chef dans une lettre au personnel. 

L'agence a cependant assuré qu'elle allait embaucher 100 personnes supplémentaires, notamment pour alimenter son compte Twitter qui compte près de 1,2 million d'abonnés. Fin 2013, le nombre de journalistes devrait être supérieur à celui enregistré fin 2012.

 

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Commentaires 3
à écrit le 27/11/2013 à 3:37
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C'est que le jeu n'en vaut plus la chandelle: soit parce que c'est trop politiquement risqué, soit parce que les dés sont tellement pipés que cette information n'a plus aucune valeur, sauf pour quelques journaux. Et à mon avis, c'est le second argum...

à écrit le 26/11/2013 à 17:07
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il ne reste donc plus que Reuters en agence de presse indépendante, globale, nous aurions préféré que Bloomberg continue afin d'avoir au moins 2 sources de qualité. Il n'en restera plus qu'une.

à écrit le 26/11/2013 à 13:33
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sous-titré : "l'investigation, c'est trop dangereux.."

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