Face aux inquiétudes sur le rôle des géants du numérique américains tels que Google ou Microsoft dans le traitement des dossiers de ses patients, Doctolib rappelle les garanties de sécurité qui encadrent ses services. Si l'exploitation des informations de santé dénoncée s'avère inexacte, l'affaire remet en lumière la dépendance structurelle de la tech française vis-à-vis des infrastructures d'outre-Atlantique.Dans son édition du 2 juin 2026, Le Canard enchaîné lâchait une bombe dans le milieu français de la tech. Doctolib livrerait « les infos de ses utilisateurs à des géants américains de l'IA » et ces même données serviraient à entraîner les grands modèles de langage de Microsoft, Anthropic ou Google. De quoi provoquer l'inquiétude de 90 millions de patients européens dont les données de santé transitent par la plateforme. Sauf que l'histoire, à y regarder de plus près, est bien plus nuancée, et certainement moins anxiogène. Concrètement les données de santé ne sont aucunement traitées par des groupes californiens, mais la situation rappelle encore une fois la dépendance aux infrastructures américaines.
Depuis près de deux ans, Doctolib propose aux médecins un assistant virtuel de transcription des consultations, facturé 79 euros par mois. L'outil peut écouter la consultation, prend des notes, génère comptes-rendus et courriers médicaux. Pratique mais pour fonctionner, le programme s'appuie sur les technologies très populaires de Google, Microsoft et Anthropic. Les noms de tous ces groupes figurent dans la politique de confidentialité mise à jour en avril 2026.
C'est ce document que Le Canard a épluché, en concluant que Doctolib transmettait les données médicales de ses utilisateurs à ces entreprises pour alimenter leurs intelligences artificielles. L'entreprise a immédiatement répliqué pour mettre au clair sa politique de traitement de données.