2021, l'année du retour sur Terre pour la téléconsultation médicale ?
latribune.fr (avec AFP)
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le grand bond en avant de la téléconsultation a nécessité des dérogations massives au cadre fixé par la loi. En avril, des négociations s'ouvriront avec les syndicats pour encadrer la pratique hors de l'état d'urgence sanitaire, prévu jusqu'au 1er juin.
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Avec 19 millions d'actes remboursés par la Sécu, 2020 a été "l'année de l'explosion" de la téléconsultation, déjouant toutes les prévisions et les réticences, grâce à des règles d'exception qui devront être renégociées d'ici l'été.
C'est peu dire que la téléconsultation doit tout au coronavirus. Avant l'épidémie, l'Assurance maladie recensait à peine 320.000 actes en 18 mois, depuis le début du remboursement en septembre 2018. Des résultats en forme d'échec pour les pouvoirs publics, qui tablaient à l'origine sur un demi-million en 2019, puis un million en 2020.
Mais la pandémie de la Covid-19 a donné un brusque coup d'accélération à cette pratique jusqu'alors marginale : d'après l'Assurance maladie, il y a eu 19 millions d'actes de téléconsultations remboursés en 2020. Soit 19 fois plus que ses prédictions, avec des records à plus d'un million de téléconsultations par semaine en avril, pendant le premier confinement.
La pratique est en train de s'ancrer
Depuis la fin du second confinement mi-décembre, le rythme hebdomadaire "revient à un étiage qui est un peu au-delà de 100.000", signe que "la pratique est petit à petit en train de s'ancrer, pour les assurés comme les professionnels", estime le directeur de l'Assurance maladie, Thomas Fatôme, interrogé par l'AFP. Pour les médecins libéraux, cela a représenté plus de 5,4% des 319 millions de consultations réalisées l'an dernier, contre un infime 0,1% avant la crise sanitaire.
Du côté des plateformes, le leader du secteur, Doctolib, s'est taillé la part du lion avec 8 millions de téléconsultations, soit "dix fois plus que ce qu'on avait prévu", affirme son président, Stanislas Niox-Chateau, qui ajoute avoir "gagné trois ans sur le déploiement" de cette activité.
Une "explosion" que la Sécu comme Doctolib attribuent d'abord aux médecins généralistes, qui ont concentré près de 80% des actes. De quoi lever certaines réserves chez ces praticiens: "Nous en avons majoritairement fait, ça a forcément modifié notre perception", admet Jacques Battistoni, président du syndicat MG France.
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Chez les spécialistes, certains y ont eu recours plus que d'autres, notamment les psychiatres, endocrinologues et pneumologues. Dans l'ensemble, "la téléconsultation est en train de s'installer dans le paysage", constate Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF.