Publicité numérique : les annonceurs demandent plus de transparence

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L'UDA travaille avec les éditeurs pour obtenir une traçabilité des campagnes numériques et notamment avec les agences de publicité mais aussi les poids lourds du secteur Google, Facebook ou Criteo.
L'UDA travaille avec les éditeurs pour obtenir une "traçabilité des campagnes" numériques et notamment avec les agences de publicité mais aussi les poids lourds du secteur Google, Facebook ou Criteo. (Crédits : Reuters)
L'Union des annonceurs veut plus de traçabilité des campagnes numériques, consciente de la chute de la confiance des consommateurs envers les marques et de leur agacement face aux publicités intrusives.

L'Union des annonceurs (UDA) a dévoilé jeudi plusieurs initiatives visant à améliorer la confiance et la transparence dans la "jungle" de la publicité numérique.

"Des annonceurs nous disent que la publicité digitale est une jungle, qu'elle est trop opaque. (...) On va donner pour la première fois aux annonceurs la possibilité de connaître le vrai prix du média" sur lequel ils ont investi pour leurs messages publicitaires, a expliqué Jean-Luc Chetrit, le directeur général de l'UDA, au cours d'un point presse.

Sur Internet, "les marques ne savent pas toujours où elles sont présentes, sur quels sites, ni dans quel environnement et quel contexte. La chaîne de valeurs de cet univers, en particulier dans les achats programmatiques (la publicité automatisée, ndlr), n'est pas claire", a-t-il renchéri.

L'UDA veut ainsi obtenir une "traçabilité des campagnes" numériques, pour que les marques sachent exactement où et quand sont apparus leurs messages, et travaille pour ce faire avec les éditeurs, les agences de publicité mais aussi les poids lourds du secteur Google, Facebook ou Criteo.

Statista duopole publicité numérique

(Un graphique de notre partenaire Statista)

Un "référentiel de l'efficacité de la communication" pour 2018

Consciente de la chute de la confiance des consommateurs envers les marques et de leur agacement face aux publicités intrusives, l'UDA a aussi dévoilé un projet basé sur l'analyse des données pour proposer des publicités plus pertinentes, mieux protéger les données personnelles et réduire la pression publicitaire, c'est-à-dire le nombre de publicités.

L'organisation veut mettre en place une plateforme de mutualisation des données des annonceurs, qu'elle présente comme une première mondiale, afin de mettre en commun leur connaissance des clients.

En connaissant au plus près l'état d'esprit d'un consommateur (ses intérêts, ses émotions, sa disponibilité), les annonceurs veulent pouvoir proposer les messages publicitaires les plus adaptés et réduire le risque qu'il s'agace et s'équipe par exemple de logiciels bloqueurs de publicité.

Enfin, alors que les marques s'interrogent sur l'efficacité réelle de leurs campagnes et cherchent à savoir quel type de publicité se traduit par des achats, l'UDA promet pour 2018 le premier "référentiel de l'efficacité de la communication".

Un label de qualité pour la pub numérique lancé

L'organisation va tenter de mettre sur pied des critères pour comparer l'efficacité d'une campagne TV, d'un "like" sur les réseaux sociaux ou d'une bannière. Et surtout tenter d'obtenir des données certifiées par des tiers de la part de Facebook ou Google.

L'UDA collabore aussi avec l'écosystème numérique à la mise en place d'un label de qualité pour la publicité numérique, le "Digital Ad trust", qui permettra de certifier les sites Internet selon plusieurs critères.

Les sites labellisés devront donner aux marques des assurances sur la sécurité des environnements dans lesquels elles apparaissent, garantir la visibilité des publicités en ligne, lutter contre la fraude, améliorer l'expérience des internautes, notamment sur mobiles, et mieux les informer sur ce qui est fait de leurs données personnelles.

Le lancement du label a été officialisé jeudi et débouchera sur une première liste de sites labellisés rendue publique en mars 2018.

(avec AFP)

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a écrit le 08/12/2017 à 15:04 :
Faudrait commencer par dédiaboliser la publicité...
La pub, c'est inciter des gens à consommer des trucs ont ils n'ont pas forcément besoin mais, sur internet, c'est le synonyme de la gratuité de nombreux contenus...
Au bout d'un moment, il faut arrêter la schizophrénie et arrêter de demander des contenus de qualité, sans pubs et gratuits... c'est juste impossible, il y a des frais humains et techniques à compenser.
La publicité ciblée est peut être plus intrusive, mais rapporte plus donc permet de limiter sa présence, et de rentabiliser l'information.
Après c'est comme tout, certains sont juste pervertis par l’appât du gain.
a écrit le 08/12/2017 à 13:46 :
"En connaissant au plus près l'état d'esprit d'un consommateur (ses intérêts, ses émotions, sa disponibilité), les annonceurs veulent pouvoir proposer les messages publicitaires les plus adaptés et réduire le risque qu'il s'agace et s'équipe par exemple de logiciels bloqueurs de publicité."

En gros les annonceurs inquiets de la publicité intrusive demandent encore plus d'intrusion dans leur vie privée, on nous prend vraiment pour des gonds.

Un conseil à tout le monde puisque ce ne sont pas les politiciens qui mettront un terme aux abus de la société marchande: " Chacun a droit au respect de sa vie privée.

Les juges peuvent, sans préjudice de la réparation du dommage subi, prescrire toutes mesures, telles que séquestre, saisie et autres, propres à empêcher ou faire cesser une atteinte à l'intimité de la vie privée : ces mesures peuvent, s'il y a urgence, être ordonnées en référé." Article 9 du code civil.
Réponse de le 08/12/2017 à 16:58 :
Une entreprise française a trouvé un moyen de contourner les bloqueurs, la pub se trouve dans les pages, y a plus rien à bloquer.
C'est quand même énervant de voir des photos des articles qu'on a consultés, pire qu'on a finalement achetés en ligne ou dans le commerce du coin !! (donc fini, on ne veut plus les voir) voire a changé d'avis si ce n'est que par curiosité.
Pénible la publicité ! Vitale pour les sites mais comment arroser les gens sans les rincer ? Et encore je suis effrayé quand j'utilise un navigateur sans bloqueur, on voit ce à quoi on échappe.
a écrit le 08/12/2017 à 12:52 :
Oui car quand vous avez des clics sur Adwords, Adsense ou consorts, vous n'avez aucun moyen de vérifier les dires de Google. De plus, Google clôture des comptes clients ou annonceurs sans aucune raison légale, sous couvert d'un réglement obscur. Annonceurs, Google vous facture des clics sans vous fournir des preuves de la véracité de ses clics

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