L'inventeur de l'Oculus Rift quitte Facebook après des ennuis judiciaires

L'inventeur du casque de réalité virtuelle Palmer Luckey a fini par quitter Facebook ce vendredi 31 mars après de multiples scandales et déboires judiciaires. Celui qui a longtemps été perçu comme un modèle de réussite dans la Silicon Valley présente un parcours tumultueux semant le doute sur la confiance que pouvait lui accorder la direction du réseau social.
Grégoire Normand
Facebook n'a pas apporté de précisions sur les motifs du départ de Palmer Luckey le 31 mars dernier.
Facebook n'a pas apporté de précisions sur les motifs du départ de Palmer Luckey le 31 mars dernier. (Crédits : Reuters/Robert Galbraith)

Son départ est loin d'être une surprise. Mis à l'écart depuis quelques mois, l'inventeur du célèbre casque de réalité virtuelle Oculus Rift quitte le réseau social alors que beaucoup misaient sur le succès de cette technologie.

Palmer Luckey oculus

Le fondateur de l'Oculus Rift  Palmer Luckey lors d'une présentation à San Francisco en juin 2015. Crédits : REUTERS/Robert Galbraith.

Des déboires judiciaires

En février dernier, un tribunal du Texas a condamné la société de réalité virtuelle Oculus pour vols de technologies et violation des clauses de confidentialité. La société Zénimax, spécialisée dans les jeux vidéos, avait déposé plainte en 2014 seulement quelques semaines après l'annonce du rachat d'Oculus par Facebook pour deux milliards de dollars.

>> Lire aussi : Réalité virtuelle : Oculus jugée coupable de vols de technologie

Lors du procès, des documents ont montré que Palmer Luckey avait dissimulé des accords entre Oculus et ZeniMax lors des négociations avec Facebook. Lors du verdict, les juges ont condamné Palmer Luckey à verser 50 millions de dollars à ZeniMax. Facebook doit également verser 300 millions de dollars à cet éditeur de jeux vidéos.

>> Pour aller plus loin : Oculus Rift : quatre choses à savoir sur le procès contre Facebook

Un engagement à risque

En plus de ses ennuis judiciaires, le jeune californien a terni son image de jeune prodige l'année dernière en investissant des sommes importantes dans le groupe pro-Trump Nimble America. Cette organisation très active pendant la campagne américaine s'est fait connaître en diffusant des messages racistes, misogynes à l'encontre de la candidate démocrate Hillary Clinton. Le jeune californien est alors apparu comme un mécène de cette association rappelle Numerama. "J'ai beaucoup d'argent. L'argent n'est pas un problème. J'ai pensé que je m'amuserais bien en finançant tout cela", avait-t-il affirmé. Cet engagement va nuire à sa réputation et alimenter la polémique sur le parcours de cet inventeur.

Une campagne de financement participatif à succès

Luckey s'est fait connaître en 2012 grâce à une campagne de financement participatif par le biais de la plateforme Kickstarter. L'objectif initial était de récolter 250.000 dollars. L'équipe de Palmer Luckey a finalement obtenu 2,4 millions de dollars, soit presque 10 fois plus que la somme espérée. Ce qui en fait l'une des campagne de financement participatif les plus marquantes. En décembre 2013, Oculus a levé 75 millions de dollars pour commercialiser son produit phare et l'adapter ensuite à des domaines tels que l'éducation, le cinéma, l'architecture ou le design.

Un succès convoité

A la suite de cette levée de fonds, Marck Zuckerberg contacte Palmer Luckey pour des négociations qui aboutissent au rachat d'Oculus par Facebook en mars 2014.  A l'époque, le patron de Facebook est convaincu d'avoir fait une très bonne opération en qualifiant cette initiative de "pari à long terme sur l'avenir de l'informatique". Mais les difficultés vont commencer à s'accumuler.

>> Lire aussi : Facebook investit 2 milliards de dollars dans la réalité virtuelle

 Des prix dissuasifs

Outre les déboires judiciaires du créateur de l'Oculus Rift, les casques de réalité virtuelle a connu des difficultés au moment de leur commercialisation en 2016. Alors que les premiers prix annoncés devaient se situer autour de 350 dollars, la firme a finalement fixé un prix de départ à 600 euros. Palmer Luckey avait notamment justifié ce prix par la présence de nombreux gadgets.

"C'est onéreux, mais pour les 599 dollars que vous dépensez, vous obtenez bien plus qu'en dépensant [cette somme] dans n'importe quel autre produit technologique de grande consommation."

>> Lire aussi : Pourquoi l'Oculus Rift sera vendu plus cher qu'attendu

Les clients se font attendre

Malgré une forte médiatisation et une fascination du public pour cette technologie, les casques de réalité virtuelle ne rencontrent pas le succès commercial escompté. Pour doper les ventes des casques en 2016, 500 stands avaient été ouverts dans les magasins de matériel électronique Best Buy à travers les Etats-Unis. Mais face à l'absence de l'engouement du public, Facebook a annoncé au mois de février dernier la fermeture de 200 d'entre eux selon Business Insider. La firme a par la suite annoncé une baisse de 100 dollars sur le prix du casque et sur la manette Oculus Touch au début du mois de mars.

>> Lire aussi : Oculus : la réalité virtuelle n'attire pas les consommateurs

Même si le départ de Luckey vient juste d'être annoncé, son poste était déjà occupé par Hugo Barra depuis le mois de janvier. Après une expérience de plus de trois ans chez l'entreprise chinoise d'électronique Xiaomi, l'ancien vice-président des produits Android chez Google, a pour mission de redynamiser les ventes des casques VR, qui se situent bien en deça des objectifs de Facebook.

 "Je rejoins Facebook comme vice-président de la réalité virtuelle pour diriger l'équipe d'Oculus."

Grégoire Normand
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Commentaire 1
à écrit le 04/04/2017 à 9:18
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Nombreux sont prêt à tout pour réussir mais il ne faut pas se faire attraper par contre, tant pis pour lui.

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