Presstalis : clash entre les éditeurs et Lagardère

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Le groupe Lagardère, opérateur des ex-NMPP, ayant refusé de mettre 40 millions d'euros dans les caisses des messageries, les éditeurs ont claqué la porte du conseil de gérance de la messagerie. Le rapport de Bruno Mettling sur l'avenir du principal distributeur de la presse en France déçoit les éditeurs car il ne prévoit pas plus de 20 millions d'euros d'aides exceptionnelles de l'Etat.

La situation se tend chaque jour un peu plus chez Presstalis (ex-NMPP) le premier distributeur de la presse en France qui traverse la plus grave crise financière de son histoire.

Ce matin, lors du conseil de gérance, Nathalie Collin, président de Libération, Jacqueline Galvez, directrice générale du Nouvel Observateur, Jean de Montmort, président du conseil de gérance de Presstalis et administrateur général du groupe Marie-Claire, Jean-Pierre Caffin, ex-numéro 2 de Prisma Presse, et Marc Feuillée, directeur général de L'Express-L'Expansion, ont quitté la table.

Selon nos informations, les cinq éditeurs présidents des cinq coopératives de presse qui sont actionnaires à 51% de Presstalis, ont laissé en plan Anne-Marie Couderc, Jean-Louis Nachury, Thierry Funck-Brentano les trois représentants de Lagardère, opérateur et actionnaire à 49% de la messagerie.

Ces derniers auraient une fois de plus refusé de remettre les 49 millions d'euros qu'ils avaient perçu pendant les périodes fastes de la messagerie et qu'il doivent remettre aujourd'hui dans les caisses de Presstalis. Mais depuis des mois, le groupe d'Arnaud Lagardère qui détient Lagardère Active, premier groupe de presse magazine français, ne cache plus sa volonté de sortir de son rôle d'opérateur des messageries. Le groupe Lagardère est ce matin injoignable.

Toujours selon nos informations, les éditeurs doivent envoyer aujourd'hui ou demain le ministre de la Culture et de la Communication Frédéric Mitterrand pour l'alarmer sur la situation explosive de Presstalis. Le ministre ne devrait pas être difficile à convaincre, lui qui expliquait lundi aux journalistes qu'il y avait urgence pour Presstalis, ce "mille-feuilles de difficultés accumulées au fil du temps". Si rien n'est fait, les ex-NMPP seront au mois de juin en cessation de paiement, avait même lancé le ministre. Avec un déficit de 40 millions d'euros contre 28 en 2008, auquel il faut ajouter 45 millions d'euros de fonds propres envolés, la situation est "gravissime". Le ministre avait même lancé l'idée d'un "plan à cinq ans" ajoutant qu'il fallait "bien plus que 85 millions d'euros" pour remettre la maison à flot. Frédéric Mitterrand a alors clairement appelé tous les ministères à mettre la main à la poche.

Mais à croire les éditeurs, Bruno Mettling à qui le premier Ministre François Fillon a commandé un rapport sur l'avenir de Presstalis est bien moins généreux. Hier, l'inspecteur des finances leur a présenté son rapport dans lequel il préconise une aide exceptionnelle de l'Etat de près de 20 millions d'euros pour la distribution des quotidiens ainsi qu'une contribution pérennisée. Autre point de déception, alors que la recapitalisation de Presstalis est inévitable, le rapport Mettling, selon Les Echos, n'aborde pas le point crucial du financement de cette recapitalisation.

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Commentaires
a écrit le 05/04/2010 à 15:36 :
Les Editeurs n'on qu'a diffuser leurs marchandises eux-mêmes.
a écrit le 02/04/2010 à 9:21 :
C'est la faute à la Grenouille. Il bosse un jour par semaine.

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