Léger mieux pour le marché du film à Cannes

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Le nombre de participants est en hausse de 1 % par rapport à 2009. Si le marché est plus optimiste qu'il y a un an, les budgets des films sont en baisse, et les prix de vente aussi.

L'édition 2010 du Festival de Cannes aura été marquée par la crise, sujets de plusieurs films présentés. D'ailleurs, crise oblige, la sélection officielle a été moins riche que d'habitude. En revanche, le marché du film, où se vendent les droits des films parallèlement au festival, a montré des signes d'amélioration par rapport au point bas de l'an dernier. Le nombre de participants est un peu au-dessus de 10.000, soit une hausse de 1 % par rapport aux 9.800 enregistrés en 2009, année qui avait été en recul de 4 %.

Le nombre de films proposés sur le marché atteint 4.300, soit une centaine de mieux qu'il y a un an. Pour le directeur du marché Jérôme Paillard, « il y a un optimisme retrouvé. Mais le budget moyen des films baisse encore. Et les prix de vente des films, qui avaient chuté d'environ 20 % en 2009, stagnent à ce niveau. Il y a un an, vendre son film 25.000 dollars au Japon était une catastrophe, cette année c'est formidable ». Mercredi dernier, alors que la plupart des deals avaient été effectués, le journal spécialisé « Hollywood Reporter » estimait que l'essentiel de l'activité était due aux acquéreurs hors des états-Unis, car beaucoup d'Américains n'avaient rien acheté.

Chez Studio Canal, Harold Van Tier, chargé des ventes internationales, parle d'un marché « difficile » pour les autres, mais pas pour lui, qui réalise une année 2010 « excellente » grâce à un catalogue « riche et diversifié », après une année 2009 qui était déjà « record, malgré la crise ». Mais, en tant que distributeur de films, « la pénurie de films indépendants américains pose problème ».

Le président du directoire de la filiale de Canal Plus, Olivier Courson, confirme : « Avant, on pouvait trouver 40 % du financement d'un film auprès des indépendants américains. Mais beaucoup ont fermé ou sont sortis du jeu : Weinstein Co, Miramax, Paramount Vantage... »

Projets en relief

La tendance marquante du marché a été la profusion de projets en relief (65 au total, dont une majorité d'européens et 9 américains), présents sur la plupart des stands et mis à toutes les sauces. Une version 3D de « Dracula » par Dario Argento a par exemple été annoncée...

Jérôme Paillard se félicite aussi que la plupart des grands hôtels de la croisette n'obligent plus leurs clients à payer pour 12 nuits d'affilée, même s'ils restent moins longtemps. « J'appelle les hôtels à persévérer dans cette voie, et ne pas céder à la tentation de reprendre leurs mauvaises habitudes. L'an dernier, ils n'ont pas fait le plein, et ont pris conscience que la poule aux oeufs d'or n'était pas éternelle. Les paillettes peuvent faire croire que le secteur du cinéma est extrêmement riche, mais en réalité, les studios comme les indépendants doivent tous faire des économies. Tout le monde doit donc aussi se serrer la ceinture. »

 

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