TF1 veut réduire ses investissements dans le cinéma français

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Copyright Reuters (Crédits : Jean-Claude Lother)
La Une est obligée de consacrer 3,2 % de ses recettes publicitaires à la coproduction de films. Elle milite depuis quelques mois pour alléger cette obligation.

TF1 a enfourché depuis quelques mois un nouveau cheval de bataille : ses obligations d'investissement dans le cinéma. Depuis cet automne, la Une milite pour les assouplir, et a commencé à aborder le sujet avec les pouvoirs publics. En septembre, le PDG, Nonce Paoloni, l'a clairement dit lors d'une présentation (road show) auprès des investisseurs : il a déclaré qu'il "se battrait pour négocier des compensations [au maintien de la publicité en journée sur France Télévisions] comme par exemple [...] faire assouplir l'obligation consistant à investir 3,2 % du chiffre d'affaires de la chaîne dans des films français ?difficiles à rentabiliser? », indique le compte-rendu rédigé par Oddo, organisateur du road show.

En effet, la filiale de Bouygues est obligée d'investir 3,2 % de ses recettes publicitaires dans la coproduction de films européens (2,5 % pour les films français). Une obligation qui a représenté 46 millions d'euros en 2009, ce qui fait de TF1, après Canal Plus tenu d'investir bien davantage, un des principaux financiers du cinéma français.

Baisse de l'audience

TF1 - tout comme M6, soumis à la même obligation - disent ne plus vouloir financer des films qui font de moins en moins d'audience. Effectivement, le cinéma n'est plus le produit d'appel qu'il a été. Il y a vingt ans, un film à succès rassemblait 13 à 14 millions de spectateurs sur la Une, contre seulement 7 à 10 millions aujourd'hui. De même, il y a dix ans, les films représentaient un tiers des 100 meilleures audiences de l'année, contre 10 % actuellement.

Parallèlement, les principales chaînes en clair (TF1, M6, France 2 et 3) diffuse de moins en moins de cinéma en soirée. La Une est ainsi passée de 103 à 52 films en prime time entre 2000 et 2009, remplaçant le cinéma par de la fiction d'abord le mardi soir, puis certains dimanches soirs. La chaîne explique programmer moins de films car ces derniers font moins d'audience. Mais une étude du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) estime au contraire que « la raréfaction de l'offre a peut être eu pour effet de rendre les films moins attractifs. La fin d'une certaine sacralisation de l'offre de cinéma, conjuguée avec la baisse du nombre de films programmés, a certainement eu des effets sur les audiences des films».

Peu adapté au public familial

L'étude avance plusieurs autres explications. D'abord, le cinéma américain s'est concentré sur les blockbusters pour adolescents, "peu adaptés au public familial de masse de la télévision". Ensuite, la France a quasiment arrêté de produire des films policiers, genre désormais accaparé par des séries télévisées. D'une manière générale, le CSA constate un "mouvement de vases communicants", les séries américaines remplaçant les films dans les succès d'audience. En outre, TF1 comme M6 se plaignent d'arriver en bout de chaîne avec des films déjà "essorés" par leur diffusion en salles, sur Canal Plus, en vidéo-à-la-demande, sans compter le piratage. "La chronologie des médias est peu favorable aux chaînes en clair", acquiesce le CSA.

Interrogé, la chaîne s'est refusée à tout commentaire. Au ministère de la Culture, on indique qu'un allégement des obligations des chaînes n'est pas à l'ordre du jour.

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Commentaires
a écrit le 24/12/2010 à 7:18 :
c'est du chantage.les senateurs ont pourtant deja la baisse des taxes sur la pub de 0,75 a0,50 et monsieur bouygues vient de prendre livraison d'un bateau de 65 millions d'euros
Réponse de le 24/12/2010 à 21:44 :
@ matheo: et bien maintenant tu connais le mode de financement du bateau :-)
a écrit le 23/12/2010 à 18:15 :
Dans la balance, si TF1 finance des films et que ces films sont déjà "essorés" par leurs diffusion en ou à la demande, il faudrait savoir combien ça leur rapporte au moment de la diffusion en salle, vente de dvd, etc...Sinon, pourquoi ne pas mettre une partie de ce financement sur la production de série en France, et pourquoi pas essayer de les exporter. Mais ça demande un esprit plus conquérant pour faire des séries mondiales (et pas juste franco-française) que pour se contenter d'acheter celles qui ont marchés aux USA. Maintenant dans une négociation, chacun avance ses pions, c'est de bonne guerre comme on dit.
Réponse de le 24/12/2010 à 8:03 :
vous bossez pour France télévision ou quoi?
a écrit le 23/12/2010 à 16:10 :
Ils ne diffusent quasiment plus de films alors qu'il y a de très beaux films qui n'ont jamais été diffusés en clair. On nous met des redifs de séries américaines à outrance ou des jeux stupides.
a écrit le 23/12/2010 à 15:39 :
C'est compréhensible, 99 % des films français sont à mettre directement à la poubelle. En même temps, TF1, c'est du temps de cerveau disponible.
a écrit le 23/12/2010 à 15:14 :
Ben, il n'ont qu'à faire tourner en boucle le baratin de Sarko et ses sbires ...comme cela se fait dans certains pays démocratiques :-)

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