"Libération" : recapitalisation planifiée sur deux ans

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Le quotidien n'a reçu que 3 des 9 millions de Colbert Foncier, qui détiendra à terme 50 % du capital.

La recapitalisation de « Libération » n'est pas un long fleuve tranquille. Colbert Foncier, la société de Bruno Ledoux qui doit apporter 9 millions d'euros pour, à terme, codétenir à 50/50 la holding de contrôle du journal avec Édouard de Rothschild, n'a pas effectué un premier versement de 6 millions d'euros comme prévu initialement. Selon une source proche des actionnaires, ce sont « un peu moins de 3 millions d'euros » qui sont pour l'heure entrés dans les caisses du quotidien. Un autre versement de 3 millions est « actuellement en cours » et deux autres de 1,5 million chacun doivent être effectués, l'un dans un an, l'autre dans deux ans.

"Anne Lauvergeon n'est pas là pour trouver de nouveaux actionnaires"

Ce retard à l'allumage pourrait être lié à la zone de turbulences que traverse le quotidien avec le départ au « Nouvel Observateur » de ses deux coprésidents, Laurent Joffrin et Nathalie Collin, laquelle effectue sa dernière journée à « Libé » ce vendredi. Trois mois après son arrivée comme directeur de la rédaction, Nicolas Demorand a été désavoué par la rédaction qui, début juillet, a voté à 78 % une motion de défiance à son encontre. Afin de tenter d'apaiser la situation, les actionnaires ont appelé Anne Lauvergeon, l'ex-présidente d'Areva pour prendre la présidence du conseil de surveillance. « Elle n'interviendra pas sur la rédaction et elle n'est pas là pour trouver de nouveaux actionnaires », affirme cette source proche des actionnaires. Et de poursuivre : « Anne Lauvergeon vient avec son expertise de chef d'entreprise pour développer de nouvelles sources de recettes autour de la marque Libération. »

« DSK OUT »

Le tableau de « Libération » n'est pourtant pas si sombre. Malgré un contexte particulièrement morose pour la presse quotidienne, le titre, qui a connu deux périodes de sauvegarde, est revenu à l'équilibre en 2010, avec un bénéfice d'exploitation de 3 millions d'euros et un bénéfice net de 200.000 euros. L'an dernier, ses ventes (diffusion France payée, source OJD) ont progressé de 1,36 % à 113.099 exemplaires et le titre a particulièrement profité de l'affaire DSK. Avec sa une « DSK OUT », « Libé » a vu ses ventes en kiosques bondir de 93 %

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