Publicis ou la religion du numérique

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Maurice Lévy, PDG du Groupe Publicis - Photo Reuters
Maurice Lévy, PDG du Groupe Publicis - Photo Reuters (Crédits : c Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le groupe de communication compte sur les élections américaines, l'Euro et les Jeux Olympiques pour vivifier une année 2012 qui s'annonce compliquée. Les pays émergents et bien sûr le numérique, qui pourrait représenter bientôt la moitié de son chiffre d'affaires, sont là pour compenser les difficultés que connaît l'Europe.

Ni la crise de la dette souveraine, ni la récession mondiale lancinante n'auront raison de l'optimisme de Maurice Lévy. Le pétulant patron de Publicis, qui présentait jeudi ses résultats annuels, a fait la démonstration par A + B que le groupe de communication surmonterait 2012, même s'il reconnaît que « l'année ne sera pas facile ». « Les jeux olympiques, l'Euro de football et les élections américaines créent un mouvement favorable. En outre, les leçons ont été tirées de 2008-2009, lorsque les entreprises qui avaient opéré des coupes claires dans leurs dépenses de communicatio  ont perdu des parts de marché. Fin 2011, on a constaté que les réductions étaient plus mesurées », a indiqué le patron du groupe.

Objectif : réaliser les trois quarts des revenus dans le numérique et les pays émergents

Mais pour maintenir le groupe à flots, Maurice Lévy mise surtout sur le numérique et les pays émergents, ses deux vecteurs de croissance. « Demain, donc à moyen terme, nous visons 50% de notre chiffre d'affaires dans le numérique et 35% dans les pays émergents. Soit un total de 75%, en excluant les doublons », a expliqué le PDG, qui a rappelé qu'il ne percevait pas de salaire, mais était intéressé à la performance. En 2006, ces deux sources de revenus représentaient 28% du chiffre d'affaires, et génère actuellement plus de la moitié des recettes du groupe. Dans le numérique, Maurice Lévy mise sur la culture du gratuit, qui rend plus indispensable que jamais la publicité. « Sur Internet, il y a un problème géant : comment va-t-on rémunérer les auteurs si le gratuit se développe? Il faut de la publicité, qui a un rôle de plus en plus important à jouer. A ce titre nous considérons que Google et Facebook sont des médias », a ajouté le PDG.

Quant aux pays émergents, ils sont là pour compenser la faiblesse de la croissance et des marges en Europe. Ainsi, au quatrième trimestre, le chiffre d'affaires a reculé de 2,5%  au quatrième trimestre, quand toutes les autres zones sont à la hausse.Pour atteindre ces objectifs, Publicis poursuivra ses acquisitions, notamment dans le numérique. En 2011, il a consacré en tout 600 millions d'euros aux opérations de croissance externe partout dans le monde, notamment au Brésil aux Etats-Unis et en Chine.

La perte du budget GM

En tout cas, l'année 2011 s'est terminée mieux qu'espéré. Sur l'exercice, le groupe a généré un chiffre d'affaires de 5,8 milliards d'euros, soit une croissance organique de 5,7 % pour une marge opérationnelle de 16% (+0,6 point en un an). Le bénéfice a atteint 629 millions d'euros contre 551 millions un an avant. Ombre au tableau, la perte du budget de General Motors, dont le contrat se terminera à la fin du premier semestre, et qui pèse 0,5 % du chiffre d'affaires du groupe. Mais Maurice Lévy ne désespère pas de retrouver un nouveau client dans l'automobile américaine.

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